JEAN-LUC MÉLENCHON ABANDONNE SON OBJECTIF DE SORTIR DU NUCLÉAIRE DES 2030, CONFIRME ADRIEN QUATENNENS

Invité de France Inter ce mercredi, le coordinateur de La France Insoumise, Adrien Quatennens, a détaillé le programme énergétique de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. Il confirme un changement de taille : une sortie du nucléaire en 2045 contre 2030 auparavant.

C’est une évolution de taille dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle 2022. Le coordinateur de La France Insoumise, Adrien Quatennens, invité de France Inter ce mercredi a confirmé qu’en cas de victoire, la sortie du nucléaire se fera désormais en 2045. « Nous sommes sur le rythme de l’Association des experts de négaWatt », défend l’élu du Nord.

Un scénario réactualisé

« On était avant sur leur chiffre« , explique Adrien Quatennens. Jusqu’à présent, le candidat de La France Insoumise défendait une sortie totale du nucléaire d’ici 2030. Le 15 mars dernier, sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon plaidait pour une écologie de rupture : « Je reprends à peu près le scénario de négaWatt, donc ça amène normalement à 2030« . Et il ajoute : « Mais moi je trouve que c’est trop long« , laissant entendre qu’il souhaite aller plus vite encore. Mais cette position a évolué depuis la publication du 5ème rapport de négaWatt mi-octobre, qui actualise son scénario pour atteindre la neutralité carbone.

L’association détaille ses recommandations pour atteindre cet objectif, notamment la baisse de moitié de la consommation d’énergie, une production électrique issue à 100% des énergies renouvelables, ainsi que l’abandon des constructions de nouveaux réacteurs nucléaires. Les experts de négaWatt estiment que le dernier réacteur pourra fermer en 2045, soit 10 ans plus tard que leur précédente estimation de 2017, qui fixait une fermeture totale des centrales en 2035. 

Cette évolution du scénario est mécanique, puisque les pouvoirs publics ne suivent pas les préconisations de l’association en matière de réduction de la consommation d’énergie et entendent même développer la filière nucléaire à l’aide de mini-réacteurs, comme l’a annoncé en octobre Emmanuel Macron.

« Tout faire pour aller plus vite que le scénario 2045« 

Une semaine après la publication du rapport, La France Insoumise adaptait déjà sa position. Dans une tribune au JDD, Jean-Luc Mélenchon s’aligne à nouveau sur la position de négaWatt : « le scénario constitue la base de mon programme en matière de transition énergétique. Nous faisons nôtres les objectifs qu’il contient. » Mais là encore, il laisse entendre qu’il sera plus ambitieux :

J’avais fixé un objectif de 2030. Je ne veux pas de blocage sur les dates. Mais je prends l’engagement de tout faire pour aller plus vite que le scénario 2045. »

Ce mercredi, Adrien Quatennens confirme : « Jean-Luc Mélenchon se basait sur leur calendrier. Eux-mêmes viennent de revoir leur calendrier. Ils disent qu’on a perdu du temps, donc ils revoient leur calendrier de dix ans. Eux disent ce sera 2045 la fermeture du dernier réacteur, selon leur scénario.« 

(Pour voir et écouter cette vidéo, cliquer sur le lien en fin d’article)

« Je veux insister là-dessus : évidemment, on ne va pas remplacer 100% de la capacité de production nucléaire par du renouvelable. Par conséquent, va falloir faire autre chose. C’est développer et mettre le paquet sur les énergies renouvelables, la géothermie, les éoliennes offshore, et associer tout cela à la sobriété énergétique. Quand on propose par exemple, comme le fait Jean-Luc Mélenchon, de renouveler, de rénover 700 000 logements par an, c’est aussi pour assurer une forme de sobriété, d’efficacité énergétique qui va être indispensable.« 

Pas de proposition identique à gauche

Dans le paysage politique et chez les autres candidats, cet objectif ne trouve pas beaucoup de soutiens, y compris à gauche. La candidate socialiste, Anne Hidalgo, se refuse pour l’instant à fixer un calendrier précis de sortie du nucléaire. Même le candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot, prévoit seulement une fermeture de toutes les centrales en 15 ou 20 ans, soit 2045 ou 2050. (NDLR : sauf erreur de ma part, 15 à 20 ans à partir de 2022, ça fait 2037 à 2042 soit 8 ans plus tôt que ce que dit cet article. Pour mémoire, n’oubliez jamais que les promesses électorales n’engagent que eux qui y croient !)

Par la rédaction numérique de France Inter, publié le 3 novembre 2021 à 13h28

Photo en titre : Jean-Luc Mélenchon se base sur le scénario de négaWatt pour établir ses objectifs énergétiques. © AFP / Francois Pauletto

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