GAZ ET NUCLÉAIRE POURRAIENT POLLUER LE CLIMAT EUROPÉEN AVANT NOËL

Emmanuel Macron n’a pas abordé les sujets européens qui fâchent, jeudi, lors de son discours sur la présidence tournante de l’UE que la France prend au 1er janvier, pour six mois. Cinq de nos voisins sont opposés au nucléaire dans la finance durable, négociée avec l’inclusion du gaz, néfaste pour le climat… Le sujet pourrait être tranché le 22 décembre.

« Lutte contre la déforestation dans les accords commerciaux de l’Union européenne, taxe carbone aux frontières « pour garder la compétitivité » des 27… Emmanuel Macron a évoqué l’agenda du climat, sans en faire une priorité de la présidence de l’UE, hier. Il a toutefois reconnu l’urgence : « Il n’y a plus une minute à perdre » si l’Europe veut rester la championne qu’elle est devenue, en janvier 2020, en choisissant de s’afficher comme le premier continent neutre en carbone en 2050.

Un classement vert pour obtenir des finances

Selon certains de nos voisins, cependant, la France a déjà perdu un temps précieux, en retardant l’adoption de la taxonomie​, une liste qui définit les activités économiques durables et les rend éligibles aux nouveaux investissements verts. Comment ? En tentant d’inclure le gaz et le nucléaire dans ce classement, initialement établi avec l’aide de scientifiques soucieux de ne pas dépasser le seuil du 1,5°C de réchauffement planétaire.

Pour ce faire, Paris a noué un accord tactique avec des pays de l’Est (Pologne, Hongrie, Tchéquie…). Il a éclaté au grand jour en octobre, lorsque ces dix États membres ont publié une tribune pour défendre une « énergie nucléaire décarbonée », suivie par un courrier français adressé à la Commission européenne, dans lequel le recours au gaz est explicite.

Cinq pays européens contre le nucléaire

Sur le fond, l’énergie atomique est l’une des plus bas carbone. Cependant la France compte, parmi ses voisins, cinq pays farouchement opposés au nucléaire : Allemagne, Italie, Danemark, Luxembourg et Autriche ont scellé une alliance, en novembre, à la Cop26 de Glasgow sur le climat. L’Autriche a déjà fait savoir qu’elle contesterait la taxonomie en justice, si elle incluait l’énergie atomique.

L’inclusion du gaz, en contrepartie, avec des émissions sorties du chapeau, de 340 g de CO2/kWh contre 100 g dans la taxonomie initiale, choque davantage les défenseurs du climat, comme Véronique Andrieux, directrice de l’ONG WWF. Elle dénonce « une alliance contre-nature qui va transformer ce combustible fossile en énergie verte et anéantir les objectifs climatiques de l’Union ».

La Commission pourrait trancher le 22 décembre

Devant cette bataille rangée, la Commission a dû retarder l’adoption de la taxonomie et séparer les sujets qui fâchent. Le premier volet, incluant les énergies renouvelables, a été adopté mercredi. Le second, avec le gaz et le nucléaire, a été repoussé deux fois. La date du 22 décembre est annoncée. Ambiance avant la présidence française de l’UE à la Saint-Sylvestre.

Emmanuel Macron, elliptique sur le sujet hier, veut des investissements à la hauteur des enjeux climatiques, qui ne nuisent ni à la compétitivité de nos industries, ni à la transition juste pour les ménages​.

Emmanuel Macron n’a pas abordé les sujets européens qui fâchent, jeudi, lors de son discours sur la présidence tournante de l’UE que la France prend au 1er janvier, pour six mois. Cinq de nos voisins sont opposés au nucléaire dans la finance durable, négociée avec l’inclusion du gaz, néfaste pour le climat… Le sujet pourrait être tranché le 22 décembre.

Par Ouest-France, Christelle GUIBERT, publié le 10/12/2021 à 07h00

Photo en titre : L’accord stratégique porté par la France et la Pologne de défendre l’inclusion du gaz et du nucléaire dans le classement des activités éligibles aux financements verts est dénoncé par les défenseurs du climat et cinq pays européens. | ELENGY CYRILLE DUPONT

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