À VIENNE, UN BILAN TRÈS MITIGÉ DES DISCUSSIONS SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Le but de l’accord en négociation à Vienne est bien connu : il s’agit de faire revivre l’accord de 2015 qui garantissait le caractère civil du programme nucléaire iranien, en échange de la levée des sanctions. Ces derniers jours, quelques progrès semblent avoir été effectués, mais sans dissiper toutes les inquiétudes.

« Nous n’avons pas des mois devant nous, plutôt des semaines, pour conclure un accord », a déclaré le diplomate européen Enrique Mora le vendredi 17 décembre à Vienne, en Autriche, où s’est tenue une nouvelle séance de discussion sur le nucléaire iranien. Pourtant, les discussions vont marquer une pause à Vienne : le négociateur iranien est attendu à Téhéran pour consultations.

Occident inquiet

Les négociations de ces dernières semaines ont concerné l’Iran, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les États-Unis sont également présents à Vienne, mais pour des discussions indirectes puisqu’ils ont quitté l’accord (et rétabli des sanctions visant Téhéran) durant le mandat de Donald Trump.

Du côté occidental, on déplore le peu de progrès enregistrés depuis la reprise du dialogue fin novembre dans la capitale autrichienne. « Le programme nucléaire iranien n’a jamais été aussi avancé qu’aujourd’hui. Il est essentiel que l’Iran s’abstienne de toute nouvelle escalade », explique ainsi une source diplomatique, regrettant qu’il reste « très peu d’espace » pour la négociation.

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Une avancée concrète a toutefois été enregistrée ces derniers jours en marge des discussions : Téhéran et l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) sont parvenus à un accord sur la reprise de la surveillance – par caméras – de l’un des sites du programme nucléaire iranien.

Raphaël Grossi est le directeur de l’AIEA : « Je l’ai mentionné, en toutes lettres, dans mes rapports : j’étais très inquiet face au risque de perdre des informations indispensables… Pour répondre à ces inquiétudes, la première chose à faire c’est de remettre en place les caméras. C’est ce que nous allons faire et c’est très important ! »

Des doutes demeurent

L’Agence Internationale de l’énergie atomique exprime toutefois ses « doutes » car certaines données enregistrées par ces caméras ont disparu. Selon l’Iran c’est la conséquence d’un sabotage que Téhéran attribue à Israël. Par ailleurs, les informations enregistrées par les caméras de l’AIEA resteront en possession de l’Iran jusqu’à la conclusion d’un nouvel accord international.

Par RFI, publié le 18/12/2021 à 00h54

Photo en titre : Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, montre l’intérieur d’un boîtier d’une « caméra AIEA » lors d’une conférence de presse à Vienne, en Autriche, vendredi 17 décembre 2021. AP – Michael Gruber

https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20211217-%C3%A0-vienne-un-bilan-tr%C3%A8s-mitig%C3%A9-des-discussions-sur-le-nucl%C3%A9aire-iranien