LE CHARBON APPELÉ EN RENFORT POUR RÉDUIRE LES TENSIONS SUR LE RÉSEAU ÉLECTRIQUE EN FRANCE

Dans un décret paru au journal officiel ce dimanche, le gouvernement assouplit temporairement les limites d’utilisation de ses dernières centrales à charbon pour assurer l’approvisionnement électrique cet hiver.

Le gestionnaire du réseau électrique national (RTE) vient de maintenir sa vigilance sur l’approvisionnement en électricité jusqu’à la fin de l’hiver en raison d’un nombre élevé de réacteurs nucléaires à l’arrêt. Entre neuf et treize réacteurs sur 56 seront à l’arrêt au cours du mois de février.

Pour tenter de réduire les tensions, le gouvernement avait annoncé dès le mois de janvier vouloir avoir un recours partiel et limité dans le temps aux vieilles centrales à charbon pour éviter des coupures d’électricité. La mesure « sera strictement limitée aux mois de janvier et de février 2022 » et « ne change pas le calendrier de fermeture des centrales à charbon », avait indiqué le ministère de la Transition écologique.Selon le décret publié ce dimanche au JO, le plafond des centrales est relevé à 1 kilotonne jusqu’à fin février pour couvrir la pointe de consommation hivernale. « Cela correspond à environ 1 000 heures de fonctionnement durant cette période », selon le gouvernement en ajoutant que le seuil passera à 0,6 kilotonne pour le reste de l’année 2022 et reviendra à 0,7 kilotonne en 2023.

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La loi énergie climat de 2019 avait fixé un seuil annuel de 0,7 kilotonne d’équivalent dioxyde de carbone par mégawatt de puissance électrique installée, actant l’arrêt progressif de la production à partir de charbon. Cette décision intervient alors que le président Emmanuel Macron avait promis de fermer d’ici à 2022 les dernières centrales à charbon pourtant facilement mobilisables pour produire de l’électricité en cas de besoin, mais aussi très émettrices de CO2 néfaste pour le climat.

« Les centrales du Havre et de Gardanne ont déjà été fermées et celle de Saint-Avold fermera comme prévu au printemps 2022 », avait souligné en janvier le ministère de la Transition écologique. La centrale de Cordemais (Loire-Atlantique) pourra continuer de fonctionner jusqu’en 2024, malgré la promesse présidentielle, en raison du risque de tensions sur le réseau, le temps que le réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) entre en service.

Reste à savoir si ce recours au charbon ne va pas se prolonger dans les prochains mois. L’Autorité de sûreté nucléaire n’a pas exclu que d’autres arrêts de réacteurs soient nécessaires en raison de la découverte d’un problème chronique de corrosion. Des contrôles sont en cours. « Les conséquences iront au-delà de cet hiver », note RTE.

Par Le Parisien, publié le 6 février 2022 à 11h43

Photo en titre : La centrale thermique d’EDF à Cordemais (Loire-Atlantique) pourra continuer de fonctionner jusqu’en 2024 en raison du risque de tensions sur le réseau, le temps que le réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) entre en service. AFP

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NDLR: nucléaire défaillant, renouvelables très en retard (les seuls en Europe), cette situation est le fruit de la politique énergétique de la France (et de tous ceux qui la soutiennent).