ARDENNES : CORROSION À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHOOZ, LES DEUX RÉACTEURS PAS RALLUMÉS AVANT FIN 2022

Mauvaise nouvelle pour la production nationale d’énergie. Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes), ne seront pas rallumés avant la fin de l’année 2022, à cause de problèmes de corrosion. L’information a été rendue publique par EDF (Électricité de France) le mardi 8 février.

La centrale nucléaire de Chooz (Ardennes) à l’arrêt jusqu’à la fin de l’année. C’est l’information rendue publique par EDF (Électricité de France), via une note d’information diffusée le mardi 8 février 2022.

Cette centrale dispose actuellement de deux réacteurs nucléaires (Chooz B1 et Chooz B2). Ils ont été mis en service en 1997, font partie des plus puissants du réseau nucléaire, et produisent 5% de l’énergie française d’origine atomique.

À l’occasion d’une visite décennale, des problèmes de « corrosion sous contrainte » ont été identifiés sur la tuyauterie en acier inoxydable du circuit d’injection de sécurité (RIS), à la centrale nucléaire de Civaux (Vienne). Les deux réacteurs de Civaux sont du même modèle que ceux de Chooz, et un contrôle préventif a permis de révéler que ce problème technique apparaissait également dans la centrale ardennaise

L’arrêt des réacteurs de Chooz B1 et Chooz B2 avait été annoncée le mercredi 15 décembre 2021, afin de mener ces contrôles préventifs. Avant qu’on n’y détecte le même problème de corrosion qu’à Civaux, le réacteur de Chooz B2 devait être remis en service le dimanche 23 janvier 2022. La présence de cette corrosion y a été officialisée le jeudi 6 janvier, et l’arrêt prolongé jusqu’au mercredi 20 avril, puis jusqu’au samedi 31 décembre.

Le mardi 8 février, il a été annoncé que les expertises sur le réacteur de Chooz B1 avaient montré des résultats similaires à ceux de Chooz B2. Par conséquent, là aussi, la date d’arrêt de Chooz B1 a été prolongée de juillet jusqu’au samedi 31 décembre. Ce qui signifie que la centrale nucléaire de Chooz ne produira pas d’électricité jusqu’à la fin de l’année 2022. Au moins, car il s’agit de dates prévisionnelles.

EDF a revu à la baisse (pour la deuxième fois de ce début d’année) ses prévisions de production d’électricité d’origine nucléaire pour 2022. Elles anticipent désormais un chiffre compris entre 295 et 315 térawattheures. Néanmoins, le gestionnaire Réseau de transport d’électricité (RTE) a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) que malgré la « vigilance » de mise, les « prévisions météorologiques favorables » rendaient évitables une trop grande tension sur l’approvisionnement électrique.

C’est d’ailleurs pourquoi les ultimes centrales à charbon françaises tournent à plein régime, leurs limites d’utilisation ayant été « temporairement assouplies ». La ministre de l’Environnement, Barbara Pompili, a assuré qu’« on est sur des proportions très très petites » car « on a besoin de marges de manœuvre ». Grâce à ces mesures prises dans le cadre de « certains mécanismes mis en place », il n’y a pas « de risque de black-out », veut faire savoir la ministre.

Par Vincent Ballester, publié le 09/02/2022 à 14h02

Photo en titre : La centrale nucléaire de Chooz se trouve à l’extrême-nord des Ardennes, à la frontière belge. • © Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne, MaxPPP

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