Fév 01

AREVA: POURQUOI C’EST UNE MAUVAISE NOUVELLE QUE LA CHINE N’ENTRE PAS AU CAPITAL

AREVA chinoisD’après BFM Business, la Chine n’entrera pas au capital d’Areva, l’État posant des conditions trop sévères. Le nucléaire français a pourtant besoin d’argent chinois.

Areva devra se refaire une santé sans recourir à la médecine chinoise. Alors que des assemblées générales doivent valider ce vendredi l’augmentation de capital de 5 milliards d’euros qui doit permettre de renflouer cette entreprise publique fortement endettée, BFM Business a révélé qu’il ne fallait plus compter sur le groupe public chinois CNNC. 

Les négociations avaient commencé en novembre 2015, avec la signature à Pékin par François Hollande d’un protocole d’accord sur une prise de participation minoritaire. D’après BFM, tout s’est gâté dans les derniers mois, la France posant aux Chinois deux conditions qu’ils ne pouvaient pas accepter: ne pas avoir de représentant au conseil d’administration, et ne pas dépasser les 10% du capital dont se contentent les groupes japonais Mitsubishi et JNFL. 

Les Chinois voulaient plus que les Japonais

Dans un contexte de relations diplomatiques tendues avec Tokyo, Pékin, selon BFM, voulait être le premier actionnaire derrière l’État français, actuellement détenteur de 86,5% du capital. L’ouverture du capital aux Chinois et aux Japonais devait le faire passer à 67%, d’après les informations disponibles fin 2016

« Les négociations n’ont pas abouti à ce stade« , a confirmé une source proche du dossier à l’AFP, précisant que les exigences des Chinois ont été jugées inacceptables. « La porte n’est cependant pas fermée » pour une éventuelle entrée ultérieure au tour de table, précise cette source. « On pense qu’il y aura un deuxième tour« , estime également pour L’Express Jean-Pierre Bachman, délégué CFDT. 

Sur Hinkley Point, « il peut y avoir des menaces« 

Le nucléaire français n’a pas intérêt à se fâcher avec ses partenaires chinois, qui cherchent à prendre pied en Europe pour y vendre leurs centrales. Si c’est pour l’instant un autre groupe chinois, CGN, qui est censé apporter à EDF le tiers des 21 milliards d’investissement nécessaires pour construire deux EPR à Hinkley Point, au Royaume-Uni, CNNC souhaitait également participer au projet, auquel Areva est associé. Les deux chinois sont des entreprises publiques et ont des stratégies industrielles similaires. « Il peut y avoir des menaces« , estime pour L’Express Stéphanie Sautereau, déléguée CFE-CGC.  

L’augmentation de capital chez Areva devrait toutefois être bouclée dès cette semaine, l’État apportant 4,5 milliards et Mitsubishi et JNFL les 500 millions restants, selon BFM. « Il va y avoir deux recapitalisations« , précise à L’Express Jean-Pierre Bachman, « 3,3 milliards vont aller à New Areva Holding, le reste étant pour Areva NP, l’activité réacteurs qui doit être cédée à EDF. » 

« La puissance chinoise peut nous manger tout cru »

Par ailleurs, Areva est engagé avec CNNC dans un projet d’usine de traitement et recyclage de combustibles nucléaires usés en Chine. « La Chine, c’est un marché de 100 réacteurs à l’horizon 2025, à 3 milliards la bestiole, la puissance chinoise est telle qu’elle peut nous manger tout cru« , analyse Jean-Pierre Bachman. Un partenaire aussi indispensable que redoutable pour l’avenir de la filière nucléaire française.

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