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Sep 05

ARMEMENT NUCLÉAIRE : LE RETOUR DE LA MENACE

Retour menaceEn pleine guerre froide, le docteur Folamour (du film de Stanley Kubrick, 1964) ouvrait la boîte de Pandore et la porte de l’inimaginable : l’holocauste nucléaire. Une succession de champignons atomiques, un mirage de cinéma. Pourtant, jamais depuis 1945, et les bombes A lancées par les États-Unis sur Hiroshima et Nagasaki, ou 1962, avec la crise des missiles à Cuba, la possibilité réelle d’un conflit nucléaire n’a semblé être aussi proche. Aux provocations du dictateur de Pyongyang, Kim Jong-Un, ont répondu les sommations du président américain Donald Trump.

La menace n’a en réalité cessé de croître alimentée essentiellement par la radicalisation de l’autocratie nord-coréenne. Mais l’Iran ou les frères ennemis Inde et Pakistan, qui ont rejoint le cercle (autrefois) fermé des puissances nucléaires, ont aussi brandi épisodiquement cette arme de la peur. Sans compter les moyens techniques et financiers qu’ont acquis certains groupes terroristes, susceptibles de s’approprier des éléments pour confectionner LA bombe. L’arrivée inattendue à la Maison Blanche d’un Président peu rodé aux rouages de la diplomatie suscite évidemment un regain d’inquiétude.

Plus que son père (Kim Jong-il) et son grand-père (Kim il-Sung), Kim Jong-Un agite l’arme nucléaire comme une démonstration de son pouvoir vis-à-vis de la communauté internationale. Le pays le plus fermé au monde en use également pour mieux mobiliser (et effrayer) ses habitants autour du régime. Alors que les États-Unis, le Japon et la France ont réclamé hier à l’ONU une nouvelle salve de sanctions plus dures, Séoul a révélé qu’un nouveau tir de missile balistique était en préparation au nord du 38e parallèle qui sépare les deux Corées. Pour les Coréens du Sud, premières victimes potentielles d’un conflit, il ne fait aucun doute que le frère ennemi a réussi à « miniaturiser » la bombe.

Une « arme de survie » pour Kim Jong-Un

Les demandes de sanctions des Occidentaux interviennent au moment où se déroule à Pékin le sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Les présidents russe et chinois Vladimir Poutine et Xi Jinping. via leurs représentants aux Nations Unies, ont appelé la Corée du Nord « au dialogue ». À ce jour, Pyongyang reste insensible aux sirènes de ces « alliés ». « La Corée du Nord ne renoncera jamais à l’arme nucléaire car Kim Jong-Un ne veut pas finir comme Saddam Hussein ou Kadhafi. C’est son arme de survie », expliquait hier le géopolitologue Pascal Boniface. Moscou et Pékin proposent « une dénucléarisation de la péninsule coréenne », réitérant dans le même temps un gel des manœuvres américano-sud-coréennes contre une suspension des programmes d’armement nord-coréens. Hypothèse rejetée par Washington. Comme si la crise avec la Corée du Nord rejaillissait également sur les relations internationales et ravivait de vieux fantômes de la guerre froide. 

http://www.bienpublic.com/actualite/2017/09/05/armement-nucleaire-le-retour-de-la-menace