Mai 05

ITER ET LA FUSION NUCLÉAIRE, UNE ACCUMULATION DE MENSONGES DEPUIS LE DÉBUT !

Si politiques et scientifiques n’avaient pas menti sur le coût et les performances du projet de réacteur à fusion nucléaire ITER, ils n’auraient jamais obtenu ces milliards d’argent public pour un objectif aussi ridicule et qui ne sera pas même atteint.

Depuis octobre 2017 Steven B. Krivit a publié sur le site New Energy Times plusieurs articles pour révéler comment les responsables du projet ITER utilisent un langage fallacieux, c’est à dire mentent sur les performances attendues de ce réacteur nucléaire en affirmant qu’il pourra générer une puissance de 500 Mégawatts durant 6 minutes avec 50 Mw injectés, soit libérer dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Les 50 MW injectés ne correspondent pas à l’énergie électrique utilisée, mais seulement à la puissance de chaleur injectée dans le plasma. Car pour injecter 50 MW dans la chambre à vide du tokamak, la machine a besoin de 150 MW de puissance électrique de façon permanente pour son fonctionnement et jusqu’à 500 MW par intervalles, soit un minimum de 300 MW de puissance électrique.

Ce qui signifie que dans le meilleur des cas ITER pourrait libérer non pas dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme, mais seulement 1,6 fois ! Ce résultat dérisoire ne pourra même pas être obtenu.

Les partisans de la fusion nucléaire ont depuis le début confondu de leur plein gré les valeurs de gain de puissance du plasma (Q-fusion) et de gain de puissance du réacteur (Q-engineering). Ils savaient très bien qu’il était impossible de multiplier par dix l’énergie injectée.

Les performances du tokamak européen JET (Joint European Torus) sont tout aussi bidons et mensongères. En 1997 son « record mondial dans le domaine de la fusion», ou il avait généré une puissance de 16 Mw pour 24 Mw injectés durant une seconde, c’est à dire restitué sous forme d’énergie pendant une seconde environ 70 % de la puissance qui lui avait été apportée, a nécessité en fait une puissance totale d’entrée de 700 MW, soit une perte nette de 684 MW !

Suite aux publications de New Energy Times, l’organisation ITER a corrigé une petite partie des déclarations fausses de son site web.

Ceci n’a pas empêché M. Bernard Bigot, directeur général d’ITER et administrateur général du commissariat à l’Énergie atomique (et vice-président du conseil de surveillance d’Areva depuis 2009), de mentir à nouveau le 6 mars 2018 devant le Congrès américain sur les performances du réacteur JET et sur les résultats attendus du réacteur ITER, parlant toujours de multiplier par 10 la puissance injectée. Suite au discours de M.Bigot, les États-Unis qui avaient réduit de moitié leur participation à ITER en 2017 (50 millions de dollars) ont à la dernière minute doublé leur contribution pour 2018, soit 122 millions de dollars.

Dès le début du projet ITER, avec l’association Médiane, nous avions montré du doigt la puissance électrique colossale requise pour le fonctionnement de ce futur réacteur. En effet, dans le dossier du débat public ITER en 2006 nous lisions : « pendant une expérience, la consommation électrique variera entre 120MW et 620MW » et « chaque année la consommation d’ITER sera de l’ordre de 600 GWh », ce qui représente la consommation électrique annuelle d’une ville de 100 000 habitants !

Si politiques et scientifiques n’avaient pas menti dans la présentation du projet ITER, ils n’auraient jamais obtenu tous ces milliards pour un objectif si ridicule. 

De même, ils savaient très bien que le coût initial de 5 milliards d’euros annoncé pour la construction était largement sous-estimé, mais s’ils avaient annoncé le double, le projet serait resté dans les cartons. À ce jour, le coût de la construction a été multiplié par 4, soit 20 milliards d’euros, et les travaux ne sont qu’à mi-parcours.

Initialement, les coûts du réacteur nucléaire ITER s’élevaient à 5 milliards d’euros pour la construction et à 5 milliards d’euros pour la maintenance et la recherche pour les 35 années d’existence. Rappelons que ces 20 milliards d’euros ne correspondent pas au coût réel du réacteur. Ses composants sont « donnés en nature » par les pays partenaires, ce qui rajoute encore des milliards d’euros à la facture.

Mensonges et tromperies vont plus loin encore : l’après ITER a déjà commencé ! 

Ces funestes technocrates se concentrent déjà sur DEMO, le prototype pré-industriel qui mettra à profit « les connaissances et le savoir-faire accumulé par l’exploration des plasmas de haute température dans le tokamak ITER … L’exploitation de ou des DEMO devrait commencer au début des années 2030; la commercialisation d’électricité issue de la fusion étant prévue à l’horizon 2040» est écrit sur le site de l’organisation ITER. Mais oui, bien sûr ! Leur ignominie est sans limites.

Nous sommes déjà en mesure de produire une énergie respectueuse de l’environnement et pour le bienfait de l’humanité. Avec tous ces milliards et de saines motivations politiques, nous aurions pu avancer concrètement dans cette voie. Mais cela n’a jamais été l’objectif du projet ITER malgré les messages de propagande fallacieux.

Les promoteurs d’ITER se sont toujours enorgueillis de leurs records mondiaux en tous genres : un poids total de 400 000 tonnes, 23 000 tonnes pour le tokamak soit trois tours Eiffel, 100 000 kilomètres de câbles supraconducteurs, 18 bobines de champ toroïdal pesant chacune 310 tonnes, etc…

Combien de milliers de tonnes de ressources naturelles précieuses dilapidées ?

Combien de milliers de litres de pétrole partis en fumées?

Pour changer des mensonges et des tromperies, il serait intéressant que l’organisation ITER indique sur son site à combien s’élève l’impact environnemental de ce projet nucléaire ? Et pour quel retour ? Il y a certainement là aussi un record mondial.

L’organisation ITER devrait être poursuivie en justice pour mensonges sur le coût et les performances de ce réacteur nucléaire.

ITER est une illustration magistrale de la folie de ce monde. Ce gaspillage effrayant de milliards d’euros d’argent public doit cesser au plus vite ! Le nucléaire, fusion comme fission, sera toujours une menace de mort et certainement pas une source de bienfait pour l’humanité.

Je reviendrai prochainement sur les avancées du réacteur ITER à Cadarache. Vous pouvez voir en attendant : Iter, mensonges, niaiseries et fiasco

Antoine Calandra, coordination antinucléaire sud-est

références : http://news.newenergytimes.net/

https://www.iter.org/fr/sci/iterandbeyond