FINANCE VERTE: GREENPEACE ET LE WWF DÉNONCENT L’INCLUSION DU GAZ ET DU NUCLÉAIRE

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a dénoncé ce week-end le manque de transparence de la Commission européenne sur sa proposition de labelliser comme durable la production d’électricité au gaz et à l’énergie nucléaire, sous conditions de verdissement et d’élimination des déchets.

Ce n’est que le 31 décembre que la Commission a envoyé aux États membres, confidentiellement, son projet qui classerait le gaz fossile et l’énergie nucléaire comme des investissements durables. Ce texte a ensuite fait l’objet d’une fuite dans les médias.

« Il semble que la Commission n’organisera pas de consultation publique sur ce projet – le deuxième chapitre de la ‘taxonomie’de l’UE – alors qu’elle l’a fait trois fois pour le premier chapitre, qui portait sur les énergies renouvelables« , fait observer le WWF, qui se dit très préoccupé par ce changement d’approche de la Commission.

« Lorsque la question était de savoir si les énergies renouvelables sont vertes, la Commission a donné aux citoyens trois opportunités de donner leur avis. Pour le gaz fossile et le nucléaire, nous obtenons un document rédigé à huis clos et publié la veille du Nouvel An. Si l’UE a confiance dans cette proposition, elle doit organiser une consultation publique« , réclame l’ONG.

La porte ouverte au «greenwashing»

Cette dernière fait partie du groupe consultatif technique officiellement désigné par la Commission pour la taxonomie. Elle déplore n’avoir que huit jours ouvrables – jusqu’au 12 janvier – pour fournir une réponse formelle à ce dossier hautement complexe et controversé.

Pour Greenpeace, l’inclusion du gaz et du nucléaire dans la finance verte est la porte ouverte au « greenwashing« , cet écoblanchiment que pratiquent les entreprises et organisations qui se prétendent plus vertes qu’elles ne le sont en réalité.

Selon l’organisation environnementaliste, les énergies renouvelables sont à la fois moins chères et plus rapides à déployer que le gaz naturel et l’énergie nucléaire. Elle appelle les États membres et le Parlement européen à rejeter ce texte.

Philippe Lambertz, a lui aussi critiqué la décision de la Commission

Au sein de l’hémicycle, le co-président des Verts/ALE, Philippe Lambertz, a lui aussi critiqué la décision de la Commission. « Bien que nous reconnaissions que la Commission pose des conditions sur le gaz et le nucléaire, nous restons convaincus que ni l’un ni l’autre n’ont leur place dans le règlement« , a commenté le Belge dans un communiqué.

« En les incluant dans l’acte délégué, la Commission risque de mettre en péril la crédibilité de l’UE comme premier marché de la finance durable. Les principaux investisseurs privés avaient prévenu qu’une telle inclusion les obligerait à ne pas utiliser la taxonomie de l’UE. De plus, en considérant les investissements dans le gaz comme des investissements verts jusqu’en 2030, l’Europe envoie un mauvais signal à nos partenaires dans le monde et risque de nous retenir dans les énergies fossiles bien plus longtemps que 2030, mettant ainsi en péril l’objectif de 1,5 degré« , a-t-il affirmé.

Les trois groupes parlementaires qui soutiennent la Commission européenne (PPE, S&D et RE) n’avaient quant à eux pas encore réagi.

Par Belga, publié le 2 janvier 2022 à 15h10

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20220102_01650655/finance-verte-greenpeace-et-le-wwf-denoncent-l-inclusion-du-gaz-et-du-nucleaire