Sep 04

HINKLEY POINT: MAY DÉFEND LE REPORT DE SA DÉCISION

MayLa Première ministre britannique Theresa May a farouchement défendu dimanche 4 septembre la décision de reporter jusqu’à l’automne sa décision finale sur le projet nucléaire de Hinkley Point financé en partie par des investisseurs chinois, un délai qui irrite vivement Pékin. « Ma façon de travailler, c’est de ne pas prendre des décisions sur l’instant. Je regarde les éléments, je prends conseil, je pèse tout soigneusement avant de décider« , a insisté Mme May, lors d’un point presse en marge du sommet du G20 de Hangzhou, dans l’est de la Chine.

« J’ai été très claire (…) et je prendrai une décision à un moment donné ce mois-ci« , a-t-elle ajouté. Le gouvernement de Mme May avait surpris en annonçant fin juillet qu’il allait encore « examiner avec soin » pendant plusieurs mois le projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Cette annonce était intervenue au moment même où le maître d’œuvre du projet, le français EDF, venait de prendre la décision finale d’investissement dans ce chantier de 18 milliards de livres (21,2 milliards d’euros), dont le coût est supporté à un tiers par le géant étatique du nucléaire chinois CGN.

La Chine agacée

Or, ce report a été largement perçu comme résultant d’inquiétudes de la part des autorités britanniques à l’égard de l’implication d’un groupe public chinois dans une infrastructure cruciale pour la sécurité industrielle du pays. Des inquiétudes similaires ont poussé le mois dernier l’Australie à bloquer le rachat d’un réseau d’électricité par un consortium chinois.

Le chef du cabinet de la Première ministre, Nick Timothy, avait lui-même par le passé exprimé de profondes réticences vis-à-vis de Hinkley Point C, jugeant « incompréhensible » que le Royaume-Uni accepte des investissements chinois dans son réseau d’électricité.

La Chine s’est ouvertement agacée de ce retard inattendu pour un projet franco-chinois censé s’inscrire dans « l’âge d’or » des relations entre Pékin et Londres. L’ambassadeur chinois à Londres a exhorté début août le Royaume-Uni à donner son feu vert « le plus tôt possible« , laissant entendre que les liens bilatéraux souffriraient dans le cas contraire.

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