Sep 22

AREVA VEUT GARDER LES FALSIFICATIONS DU CREUSOT SECRÈTES !

  le-journalPar communiqué, le réseau « Sortir du nucléaire » et Greenpeace expliquent pourquoi ils saisissent la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) afin d’obtenir le rapport intégral réalisé par Areva, sur les soupçons de falsification de document à l’usine du Creusot.
« En 2015, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait mis en évidence des « anomalies » sur la cuve de l’EPR de Flamanville. Soupçonnant que ces défauts ne soient pas des cas isolés, l’ASN avait demandé en avril 2015 à Areva de lancer un audit sur son usine du Creusot, où avait été fabriqué ce couvercle de cuve mais également de nombreux équipements essentiels pour la sûreté (composants de cuve, rotors de turbines…) qui équipent les centrales nucléaires en fonctionnement. C’est ainsi qu’Areva a avoué à l’ASN avoir détecté des « irrégularités » dans les documents de fabrication d’environ 400 pièces produites depuis 1965. Il s’agit bien là d’une opération de falsification à grande échelle.
L’audit demandé a été réalisé par Lloyd’s Register Apave entre mai et septembre 2015. Areva a communiqué le rapport d’audit à l’ASN le 12 octobre 2015. Le 11 avril 2016, le Réseau « Sortir du nucléaire » a demandé à l’ASN de le lui communiquer. Greenpeace a effectué la même demande fin août.
Or le document qui a été communiqué par l’ASN à nos associations avait au préalable été caviardé dans sa quasi-totalité par Areva. Invoquant le secret industriel et commercial, l’entreprise avait ainsi occulté la majorité des informations contenues dans ce rapport ! Cette occultation d’informations essentielles pour la sûreté est une nouvelle preuve, s’il en était besoin, de l’opacité totale qui règne dans la filière nucléaire et du peu de cas fait par Areva du droit d’accès aux informations en matière environnementale pourtant prévu par la loi.
Face au refus d’Areva de communiquer ces informations, le Réseau « Sortir du Nucléaire » et Greenpeace ont décidé ce jour de saisir conjointement la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA) pour obliger Areva à leur transmettre l’intégralité de ce rapport. De son côté, l’ASN a également saisi la CADA afin de recueillir son conseil sur le caractère communicable de ces documents. Une audience devrait se tenir le 3 octobre. « 

http://www.lejsl.com/edition-le-creusot/2016/09/22/areva-veut-garder-les-falsifications-du-creusot-secretes