«

»

Juil 17

LA DEMANDE DE FEU VERT AU SITE DE BURE REPOUSSÉE À 2019

BureL’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a décidé de repousser d’un an, à la mi-2019, la demande officielle d’autorisation de création de son site de stockage de Bure, dans la Meuse, a déclaré son directeur général.

Dans une interview publiée lundi sur le site internet du Monde, Pierre-Marie Abadie assure que ce report du projet Cigéo n’a rien à avoir avec un avis récent de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) qui a soulevé quatre points « susceptibles d’entraîner des modifications de conception du stockage des déchets » sur le futur site.

« Nous prévoyons désormais de déposer la demande d’autorisation de création de Cigéo mi-2019« , dit-il.

« Nous nous donnons douze mois de plus car, à mi-chemin de l’avant-projet détaillé, nous demandons à nos ingénieurs et aux bureaux d’ingénierie d’intégrer les variantes étudiées et les améliorations réalisées au cours des derniers mois. Il ne s’agit pas d’un report lié à l’avis de l’IRSN, mais d’un choix d’approfondissement du projet, permettant des économies substantielles avec la même exigence de sûreté« .

D’un coût de l’ordre de 25 milliards d’euros, selon les dernières estimations, le projet Cigéo est destiné à l’enfouissement par 500 m de profondeur de déchets hautement radioactifs provenant pour l’essentiel de centrales nucléaires.

Le « point le plus sensible » soulevé par l’IRSN concerne les risques d’incendie de fûts de déchets placés dans le passé dans un enrobage de bitume qui seront stockés à Bure.

Selon Pierre-Marie Abadie, il reviendra soit à l’Andra d' »optimiser » le stockage de ces déchets particuliers pour prévenir les risques d’incendie, soit aux producteurs de « définir un procédé permettant de neutraliser la réactivité thermique des enrobés, par vitrification par exemple« .

« Nous allons travailler sur ces deux voies pour retenir la meilleure stratégie dans le projet« , indique-t-il.

Le directeur général de l’Andra estime, que, une fois la demande d’autorisation de création de Cigéo déposée en 2019, le gouvernement pourrait donner son feu vert vers 2022, après instruction et enquête publique.

« La construction commencera alors par des essais de mise en service progressive vers 2026 ou 2027, pour une phase industrielle pilote d’une dizaine d’années. Nous ne sommes pas à six mois près« , conclut-il.

Dans une interview publiée dimanche par Ouest-France, le ministre chargé de la Transition écologique Nicolas Hulot <http://investir.lesechos.fr/recherche/actualites/?exec=1&texte=Nicolas%20Hulot&nr=1>  a déclaré qu’il prendrait le temps avant toute décision sur Bure.

« Je ne veux pas me précipiter. On voudrait me faire prendre toutes les décisions en urgence, ce ne sera pas le cas. Je veux croiser toutes les informations avant de décider« , a-t-il dit.

Article de Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/nucleaire-la-demande-de-feu-vert-au-site-de-bure-repoussee-a-2019-1692720.php