LES INFORMATIONS DU JAPON SUR L’ÉLIMINATION DE L’EAU DE FUKUSHIMA SONT INSUFFISANTES POUR JUGER DE LA SÉCURITÉ

SÉOUL, 07 déc. (Yonhap) — Le Japon a fourni à la Corée du Sud des informations insuffisantes jusqu’à présent sur son projet de rejet d’eau radioactive dans la mer depuis la centrale nucléaire dévastée de Fukushima, a déclaré ce lundi un responsable du ministère des Affaires étrangères.

Tokyo semble sur le point d’annoncer le projet de rejet progressif dans l’océan Pacifique de plus de 1,2 million de tonnes d’eau radioactive stockées dans des réservoirs depuis l’accident de 2011 suite à un tremblement de terre et un tsunami.

Le Japon fait valoir qu’il s’agit de la méthode d’élimination la plus réaliste et relativement inoffensive, mais le plan suscite une forte opposition et des inquiétudes parmi la population en Corée et au Japon.

«Fondamentalement, les informations que le Japon nous a fournies jusqu’à présent sont insuffisantes pour juger de la sûreté de son plan», a estimé un responsable du ministère des Affaires étrangères sous couvert d’anonymat.

Le ministère a demandé au Japon de partager autant de données et d’informations que possible, spécifiquement liées aux détails exacts concernant la manière dont les matériaux chimiques seront éliminés et comment, ainsi que les moyens de vérifier le processus, a expliqué le responsable.

«Nous leur avons posé des questions très spécifiques et scientifiques, et Tokyo a répondu dans la mesure du possible», a-t-il indiqué.

L’officiel a rejeté le point de vue de Tokyo selon lequel la décision de la méthode d’élimination est soumise à sa souveraineté dans laquelle les autres pays ne peuvent pas intervenir, affirmant que la Corée présentait une demande légitime sur des problèmes de sécurité basés sur le droit international.

«Ce n’est pas quelque chose que nous demandons au Japon de faire de bonne foi. Nous faisons une demande raisonnable fondée sur le droit international conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer afin que nous puissions déterminer si cela est sûr» a souligné le fonctionnaire.

Un haut responsable de l’ambassade du Japon à Séoul a déclaré le mois dernier que Tokyo était disposé à travailler avec Séoul et à divulguer toutes les informations sur la surveillance du traitement envisagé ainsi que le rejet de l’eau contaminée.

Par Agence de presse Yonhap, publié le 7 décembre 2020 

Photo en titre : Des militants organisent une campagne près de l’ambassade du Japon à Séoul appelant au boycott des fruits de mer japonais pour protester contre le projet de Tokyo de rejeter dans la mer l’eau radioactive de sa centrale nucléaire détruite de Fukushima, le 9 novembre 2020.

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20201207002100884