QUEL EST L’ASMPA, CE MISSILE PORTÉ PAR LES RAFALE QUI ASSURE LA DISSUASION NUCLÉAIRE FRANÇAISE ?

La France vient de réussir le tir de son missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMPA). MBDA est en charge de la production du vecteur propulsé par un stratoréacteur et le CEA de la charge nucléaire.

Un jour juste après la visite du président de la République Emmanuel Macron à l’usine de Framatome au Creusot (Saône-et-Loire) et son engagement à renforcer la stratégie nucléaire française civile comme militaire, la France vient de réussir le 9 décembre un tir d’essai de son missile stratégique air-sol de moyenne portée amélioré (ASMPA). Ce missile muni d’une tête nucléaire équipe les Rafale des Forces aériennes stratégiques de l’armée de l’Air et de la Force aéronavale nucléaire de la Marine nationale, qui assurent la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française.

Le tir a été réalisé le 9 décembre depuis un Rafale qui avait décollé de la base aérienne 120 de Cazaux. Tout au long de la phase de vol, l’arme a été suivie par les moyens de la DGA (Direction générale de l’armement). « Ce succès marque l’entrée en phase de qualification du missile ASMPA rénové, pré-requis avant sa mise en service dans les forces », précise le communiqué du ministère des Armées.

Une vitesse supersonique

Ce succès est le fruit d’un long investissement de recherche et d’efforts industriels. Il combine essentiellement l’expertise de deux acteurs, d’une part, MBDA comme maître d’œuvre industriel pour le vecteur, et d’autre part, le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) pour la tête nucléaire. Les deux partenaires ont commencé leurs travaux sur le missile air-sol moyenne portée (ASMP) en 1987. En 2009, une version améliorée (ASMPA) est entrée en service en 2009 sur le Mirage 2000N puis sur le Rafale en 2010.

L’atout technologique de l’ASMPA ? Sa propulsion à des vitesses supersoniques grâce à son statoréacteur. « Ce mode de propulsion permet, par rapport à un mode de propulsion fusée, de réduire considérablement l’encombrement et la masse du missile pour une portée et une charge utile données. Il permet au missile de couvrir un vaste domaine de vol à des vitesses très largement supersoniques », précise la DGA. C’est un savoir-faire maîtrisé et amélioré depuis quarante ans par les forces françaises. Le bon fonctionnement de la charge thermonucléaire est assuré par la simulation.

Un remplaçant en 2035

Le futur du missile ASMPA est déjà engagé. En 2023, il bénéficiera d’une rénovation à mi-vie afin d’améliorer sa capacité de pénétration des défenses anti-missiles adverses. Son remplaçant est déjà à l’étude. En 2035, le missile actuel laissera place à l’ASN4G (Air-Sol Nucléaire de 4ème génération), présenté par les armées comme « une véritable  rupture technologique à même de pénétrer les défenses adverses les plus évoluées ». D’ores et déjà, il est prévu que l’ASN4G soit compatible avec le successeur du Rafale, le Next Generation Figther construit en coopération avec l’Allemagne et l’Espagne dans le cadre du programme SCAF, système de combat aérien du futur. Il sera également équipé de la technologie du statoréacteur.

La France consacre une part importante de son budget militaire à la dissuasion nucléaire. Sur la période 2019-2023, cet effort s’élèvera à environ 25 milliards d’euros afin de permettre d’engager le renouvellement de ses deux composantes, aéroportée et océanique.

Par Hassan Meddah , publié le 09/12/2020 à 20h00, mis à jour le 10/12/2020 à 10h52

Photo en titre : Les Rafale équipés du missile ASMPA (air-sol moyenne portée amélioré), assurent la mission de dissuasion nucléaire. © C.COSMAO / Dassault Aviation

https://www.usinenouvelle.com/article/quel-est-l-asmpa-ce-missile-porte-par-les-rafale-qui-assure-la-dissuasion-nucleaire-francaise.N1038464

NDLR : Que d’argent et d’intelligence perdus pour fabriquer des engins de mort ! (Qui je l’espère, ne serviront jamais !)