CES CENTRALES NUCLÉAIRES FRANÇAISES QUI FONT PEUR À L’ITALIE

L’exploitation de 16 réacteurs nucléaires à la frontière italienne a été prolongée sur décision des autorités françaises. Greenpeace Italie alerte sur les risques pour les habitants de certaines régions italiennes et réclame une consultation transfrontalière.

La France a décidé de prolonger de 10 ans l’exploitation de 16 réacteurs nucléaires à la frontière italienne. Une décision qui indigne Greenpeace Italie, car ces installations ont au moins 40 ans, rapporte la chaîne RaiNews24.

«Ces vieilles usines sont dangereuses même maintenant et aucun miracle ne pourra jamais les amener aux normes de sécurité exigées aujourd’hui», pointe auprès de la chaîne Giuseppe Onufrio, directeur exécutif de Greenpeace Italie, évoquant les «risques considérables» pour les habitants de la Ligurie, du Piémont, du Val d’Aoste et de la Lombardie.

Ce choix de Paris rentre dans le cadre du projet de prolongation de l’exploitation des 32 plus anciens réacteurs français pour 10 ans décidé le 3 décembre par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). À la demande de Greenpeace, le ministère de l’Environnement de l’époque a adressé le 14 janvier une note aux autorités françaises demandant une consultation transfrontalière.

«Après trois mois de silence nous demandons au ministre Cingolani, non seulement de protester auprès du gouvernement français, mais aussi, et surtout, d’entamer les procédures nécessaires auprès des instances compétentes pour infractions à la Convention d’Espoo», fait savoir Ivan Novelli, président de Greenpeace Italie.

Adoptée en 1991, la Convention d’Espoo définit les obligations des parties quant à l’évaluation des effets éventuels sur l’environnement de certains projets et d’en informer les autres États, et de les consulter avant de prendre des décisions. Selon la chaîne, Greenpeace France a adressé une demande similaire au Secrétariat de la Convention.

Le ministère de la Transition écologique réagit

Contacté par Sputnik, le ministère de la Transition écologique estime que les centrales nucléaires françaises ne sont pas proches de la frontière italienne.

«Nous n’avons pas de centrales nucléaires à la frontière italienne. En tout état de cause, toute décision de prolongation de la durée de vie de réacteurs au-delà de leur 4ème visite décennale est conditionnée au respect des plus hauts critères de sûreté, ce respect étant contrôlé et sanctionné par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)», précise le ministère.

Centrales nucléaires en France

Le journal numérique TorinoToday cite quatre centrales nucléaires, les plus proches de la frontière italienne: Cruas, Saint Alban, Bugey et Tricastin, situées entre autres dans des zones à risque sismique modéré ou moyen.

Et c’est le Tricastin, en région Rhône-Alpes, à environ 180 kilomètres à vol d’oiseau de l’Italie, qui suscite le plus d’attention des inspecteurs européens en matière de contrôles, car cette centrale équipée de quatre réacteurs nucléaires à eau sous pression de 900 mégawatts chacun, en service depuis 1974, a évité de justesse des conséquences graves.

En 2011, un incendie s’est déclenché sur le site, touchant le transformateur d’une unité à l’arrêt de la centrale nucléaire. Sans conséquence, car il «s’est déroulé dans la partie non nucléaire des installations».

Par Nikita Martynov, publié le 23 avril 2021 à 15h42

Photo en titre : © AFP 2021 JEFF PACHOUD

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