MINES D’URANIUM EN FRANCE : LA CONTAMINATION RADIOACTIVE DE L’ENVIRONNEMENT RESTE PRÉOCCUPANTE AUTOUR DE TRÈS NOMBREUX SITES.

Le territoire français compte plus de 250 anciennes mines d’uranium réparties sur 27 départements. Si la dernière a fermé il y a maintenant 20 ans, la contamination radioactive de l’environnement reste préoccupante autour de très nombreux sites.

Dans le cadre du tournage d’un documentaire pour France 3 Nouvelle Aquitaine [1], fin mars 2021, à Bessines-sur-Gartempe en Haute-Vienne (Limousin), la CRIIRAD a constaté que des déchets radioactifs issus de l’ancienne usine d’extraction de l’uranium sont abandonnés dans l’environnement accessible au public, à proximité du site de Bellezane placé sous la responsabilité d’ORANO (ex AREVA). Le niveau de radiation [2] au contact de ces boues rouges atteint une valeur 20 fois supérieure à la normale. Voir la vidéo CRIIRAD (3 minutes) et le reportage [3] de France 3 Nouvelle Aquitaine.

L’analyse d’un échantillon de ces boues rouges au laboratoire de la CRIIRAD confirme que ces matériaux sont bien des déchets radioactifs de catégorie FA-VL (activité totale nettement supérieure à 200 000 Becquerels par kilogramme). Ils présentent des concentrations élevées en substances radioactives particulièrement radiotoxiques par ingestion comme le plomb 210 et/ou par inhalation comme le thorium 230. Ces matériaux devraient être stockés sur un site dédié. Cette situation est d’autant plus choquante que la CRIIRAD avait révélé la présence de ce type de déchets, au même endroit [4] il y a 23 ans.

Les mesures effectuées par la CRIIRAD en mars 2021 dans la région de Bessines-sur-Gartempe ont révélé d’autres pollutions radioactives liées au passif minier uranifère comme l’insuffisance de la décontamination radiologique des terrains en bordure de l’étang de la Crouzille [5] (qui sert pourtant de réserve en eau potable pour la ville de Limoges), ou encore la radioactivité élevée des voiries à Razès [6], près de l’ancien siège de la COGEMA, à proximité de terrains qu’AREVA-ORANO déclare pourtant avoir décontaminés.

Les citoyens et les élus locaux concernés doivent prendre conscience de ces réalités et faire pression sur les autorités pour qu’elles exigent de l’industriel le traitement de ces déchets radioactifs résiduels et potentiellement dangereux qui persistent sur le territoire français.

Notes

  1. Reportage de 12 minutes diffusé sur France 3 Nouvelle Aquitaine, le 12 mai 2021 à 23H.
  2. Flux de rayonnement gamma proche de 4 000 c/s (mesure effectuée le 30/03/2021 par B. Chareyron au moyen d’un scintillomètre gamma DG5). Le bruit de fond classique dans cette région est de l’ordre de 200 c/s.
  3. Voir le reportage diffusé sur France 3 Nouvelle Aquitaine le 12 mai 2021 et à partir de t = 5 minutes, la vidéo « Enquête de Région Nouvelle Aquitaine : le sous-sol limousin et la radioactivité ».
  4. Voir pages 23 et 24 du rapport CRIIRAD du 15 juin 2006.
  5. Voir le reportage diffusé sur France 3 Nouvelle Aquitaine le 11 mai 2021.
  6. Voir le reportage diffusé sur France 3 Nouvelle Aquitaine le 13 mai 2021 et à partir de t = 8.5 minutes, la vidéo « Enquête de Région Nouvelle Aquitaine : le sous-sol limousin et la radioactivité ».

Par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité), publié par « notre planète infos » le 1er juin 2021 à 14h24

https://www.notre-planete.info/actualites/4825-anciennes-mines-uranium-dechets-radioactifs-France