LA RUSSIE SE DÉCLARE PRÊTE À FAIRE FACE À UNE ATTAQUE SPATIALE

Alors que Moscou manifeste toujours contre la militarisation de l’espace, le directeur général de l’agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, estime que si une guerre à grande échelle se déclare à l’avenir, elle sera dans l’espace. En outre, il a assuré que la Russie était prête à faire face à toute menace, même à celle provenant de l’espace.

Malgré son opposition constante à la militarisation de l’espace et ses critiques envers notamment les États-Unis qui admettent la possibilité d’actions militaires dans cette zone, la Russie est capable de faire face et de répondre à toute menace provenant de l’espace, a relaté le directeur général de Roscosmos Dmitri Rogozine.

«La Russie a connu tant de guerres, d’énormes pertes, de ce fait nous sommes évidemment prêts à faire face à toute attaque, y compris dans l’espace», rassure-t-il.

Il a expliqué que, selon les analystes, si une prochaine guerre à grande échelle advenait, elle «commencera dans l’espace» et les participants au conflit tenteront d’attaquer le groupe orbital de satellites de l’ennemi pour le priver des données récoltées grâce à ces appareils.

«Nous sommes réalistes et nous savons très bien que les guerres s’améliorent. Avant, tout conflit commençait à la frontière. Les frontières ont cessé d’être importantes lorsque les missiles à longue portée ont été inventés. Ils ont pu frapper tous les endroits, même dans la profondeur stratégique du territoire de l’ennemi», explique Dmitri Rogozine.

Interrogé sur si les systèmes terrestres étaient capables aujourd’hui de contrer une menace imminente, par exemple, un astéroïde venant de l’espace, qui frapperait la planète, Dmitri Rogozine a répondu négativement, jugeant que «les élites occidentales pensent de manière étroite, dans le sens de la résistance à la Russie, au lieu de s’asseoir ensemble à une table et de réfléchir à la manière de sauver notre planète».

SpaceX coopère avec le Pentagone

De plus, le chef de l’agence spatiale russe a rappelé que toutes les dernières élaborations, que réalise l’entreprise d’Elon Musk SpaceX, sont liées au Pentagone.

«Par exemple, une belle idée, qui a été immédiatement soutenue par nos passionnés, est la livraison rapide intercontinentale des personnes. […] Les passagers ordinaires n’utiliseront jamais ces services. C’est une surcharge, un choc émotionnel. C’est tout pour les forces spéciales. Pour transporter des gens spécialement formés d’un continent à l’autre, ces technologies seront bonnes. Mais ce n’est pas pour permettre à l’humanité de traverser un océan en quelques minutes», a expliqué le directeur général de Roscosmos.

Dmitri Rogozine a en outre critiqué l’idée d’Elon Musk de transporter des armes nucléaires dans l’espace sous prétexte de terraformation de Mars, processus consistant à transformer un corps céleste afin de le rendre habitable par l’homme. Selon le haut fonctionnaire russe, cette idée finira par l’introduction d’armes nucléaires dans l’espace, mais pour une attaque contre un ennemi et non pour une démarche vraiment pacifique, comme la protection contre les astéroïdes ou la terraformation.

La militarisation de l’espace évoquée par différents pays

Les États-Unis sont devenus le premier pays qui a reconnu la possibilité d’actions militaires dans l’espace. Le 18 juin 2018, Donald Trump avait ordonné au Pentagone de créer la Force spatiale en tant que nouvelle branche indépendante des Forces armées du pays. En janvier 2019, dans la nouvelle mouture de la revue de la défense antimissile, le Pentagone a admis le déploiement d’éléments d’attaque dans l’espace.

Ce 29 août, l’United States Space Command (USSPACECOM), dissous en 2002 sous George Bush et recréé le 29 août 2019 sous Donald Trump, célèbre son deuxième anniversaire. Il y a cinq jours, son chef, le général James Dickinson, a annoncé que les forces de combat qu’il dirigeait disposaient de suffisamment de personnes et de ressources pour protéger les satellites américains, dissuader toute agression et fournir des services spatiaux à l’armée américaine.

La France avait auparavant exprimé son envie de se doter d’un nouveau programme militaire pour l’espace sous la supervision de l’armée de l’air, et avait dit compter s’en donner les moyens dans la nouvelle stratégie spatiale militaire. Cette dernière a été présentée par Florence Parly le 25 juillet 2019 au siège du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes à la base aérienne de Lyon-Mont Verdun.

Enfin, à l’issue du sommet de l’Otan à Londres en 2019, il a été décidé de reconnaître l’espace comme une sphère d’activité de l’Alliance atlantique. Avant la tenue du sommet, son secrétaire général, Jens Stoltenberg, avait expliqué que l’Otan n’envisageait pas de déployer des armes dans l’espace, mais devait prendre en compte le fait que ce domaine a un effet sur la défense et la sécurité.

Pour rappel, le traité de l’espace, adopté le 19 décembre 1966 par la Résolution n°2222 de l’Assemblée générale des Nations unies, pose comme principe fondateur l’usage pacifique de l’espace et l’interdiction de se l’approprier.

Position de Moscou

La Russie n’est pas favorable à la militarisation de l’espace, mais, compte tenu des circonstances, il est impératif de prêter attention au renforcement du groupe orbital, avait auparavant avancé le Président Poutine.

Mi-juin, Vladimir Poutine avait déclaré à la chaîne américaine NBC que la Russie était contre la militarisation de l’espace, lequel devrait «être exempt de tous types d’armes».

Par Julia Belyakova, publié le 29 août 2021 à 17h28, mis à jour à18h46

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