NUCLÉAIRE IRANIEN : ISRAËL ET L’IRAN S’ÉCHARPENT, « LES LIGNES ROUGES » FRANCHIES

Le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett a accusé lundi 27 septembre, depuis la tribune de l’ONU, le programme nucléaire iranien d’avoir franchi « toutes les lignes rouges« , tandis qu’Européens et Américains ont exhorté Téhéran à laisser les inspecteurs de l’AIEA accéder à un site près de la capitale.

« Le programme nucléaire iranien a atteint un tournant, tout comme notre tolérance à son égard« , a déclaré devant l’Assemblée générale de l’ONU Naftali Bennett, le premier ministre israélien qui a succédé en juin à Benjamin Netanyahu. « Au cours des dernières années, l’Iran a fait un grand bond en avant dans ses capacités de recherche et développement nucléaires, de production et d’enrichissement. Le programme d’armement nucléaire de l’Iran est à un point critique, toutes les lignes rouges ont été franchies« , a ajouté M. Bennett.

« Les inspections ont été ignorées. Tous les vœux pieux se sont avérés erronés. L’Iran viole actuellement les accords de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et s’en tire » sans conséquences, a souligné M. Bennett, affirmant qu’Israël « n’allait pas permettre » à l’Iran de se doter de l’arme atomique. Téhéran n’a pas tardé à répliquer, accusant M. Bennett « de se faire passer pour une victime et de tenter désespérément de présenter le régime israélien comme innocent » par la voix de son diplomate Payman Ghadirkhomi.

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Rejetant des « allégations sans fondement » et regrettant l’utilisation d’un « langage menaçant » contre son pays, M. Ghadirkhomi a affirmé que l’Iran n’hésiterait pas à exercer « (son) droit inhérent à (se) défendre contre toute menace et à tout moment« .

« Accès nécessaire »

Ces déclarations du Premier ministre israélien, qui a d’ailleurs qualifié de « boucher » le président iranien Ebrahim Raïssi, interviennent alors que les négociations entre Téhéran et les grandes puissances sont au point mort pour relancer un accord historique de 2015 limitant drastiquement le programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions. Or Israël, qui avait salué le retrait américain, sous l’administration Trump, de cet accord afin de rétablir des sanctions contre Téhéran, voit d’un très mauvais œil un possible nouvel accord sur le programme nucléaire iranien, que l’Iran affirme être destiné à des fins civiles et non militaires.

L’AIEA a néanmoins conclu le 12 septembre un arrangement avec l’Iran sur l’entretien des équipements de surveillance dans ses installations nucléaires, quelques jours après avoir dénoncé un manque de coopération à ce sujet. Mais l’Agence a déploré dimanche s’être vu interdire l’accès « indispensable » à un atelier de fabrication de composants de centrifugeuses situé à Karaj, près de Téhéran.

Publié le 28/09/2021 à 9h43

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