NUCLÉAIRE : LES CENTRALES EPR AU CŒUR DE LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

La construction de réacteurs nouvelle génération est réclamée par plusieurs candidats. Valérie Pécresse s’est ainsi engagée vendredi à lancer six EPR. Un nombre également avancé par l’exécutif.

À six mois de l’élection présidentielle, le nucléaire semble bien parti pour être l’un des thèmes phares de la campagne. Tous les candidats déclarés détaillent un à un leurs promesses sur cette énergie, qui représente près de 70% de la production totale d’électricité en France. Du côté des pro-nucléaire, un sigle revient sans cesse dans les bouches : EPR, pour réacteur pressurisé européen, soit les réacteurs nucléaires nouvelle génération.

Vendredi, Valérie Pécresse a ainsi promis que, si elle était élue présidente en 2022, elle accorderait à EDF «le lancement d’une série industrielle de six nouveaux EPR». Peu après cette déclaration, la patronne (ex-LR) de la région Ile-de-France a visité l’EPR de Flamanville (Manche), le seul en construction en France, dont le chantier dure depuis 2007 et accumule les retards. (NDLR : et a vu son coût multiplié par 4 !)

À lire aussi ; Éolien ou nucléaire: l’énergie dans la bataille présidentielle

Le même jour, le gouvernement a changé son fusil d’épaule sur le sujet. Par la voix de la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, interrogée sur BFM TV/RMC, l’exécutif a fait savoir qu’il pourrait ne pas attendre la fin des travaux de Flamanville pour lancer la construction de nouveaux EPR – le nombre de six a été avancé. Jusque-là, Emmanuel Macron renvoyait pourtant toute décision sur de nouveaux réacteurs au prochain quinquennat et «au plus tard en 2023 lorsque Flamanville sera entrée en service».

Une manière pour La République en marche (LREM) et le président de la République de tirer le tapis sous les pieds de la droite, en vue de siphonner son électorat en 2022. Car celui qui se présente pour l’instant comme le plus sérieux challenger d’Emmanuel Macron de ce côté du spectre politique, Xavier Bertrand, s’affirme lui aussi comme un partisan de la construction de nouveaux EPR. Anti-éoliennes revendiqué, le président de la région Hauts-de-France a ainsi déclaré en avril sur France Inter qu’il lancerait «dès l’été 2022» de nouveaux réacteurs s’il était élu président. Lors de la campagne des dernières régionales, il s’était par ailleurs montré favorable à la construction de deux EPR dans sa région.

La gauche divisée sur le nucléaire

À l’extrême droite, Marine Le Pen aussi se montre pro-nucléaire. Elle en fait même l’un des piliers de son programme écologique. Dans une tribune publiée dans Le Figaro en janvier, la présidente du Rassemblement national (RN) promettait de lancer «immédiatement la construction de trois nouveaux EPR» si elle était élue en avril 2022, «afin de consolider les savoir-faire de l’industrie française».

Pas encore candidat mais en progression dans les sondages d’opinion, Éric Zemmour n’a pour l’heure avancé aucune proposition précise sur les EPR. Mais le polémiste répète à l’envi ses opinions pro-nucléaires. «Abandonner le nucléaire, c’est abandonner notre souveraineté nationale», a-t-il par exemple lancé lors de son débat face à Jean-Luc Mélenchon le 23 septembre dernier sur BFM TV.

À lire aussi : Les centrales nucléaires sont-elles trop vulnérables face au dérèglement climatique?

À gauche, les positions sur le nucléaire divergent. D’un côté, Yannick Jadot (EELV), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Anne Hidalgo (PS) défendent une sortie, en développant les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique…). Pas question évidemment pour eux de construire de nouveaux EPR. Yannick Jadot se déclare même en faveur de l’abandon du chantier de l’EPR de Flamanville.

De l’autre côté, Arnaud Montebourg (ex-PS) et Fabien Roussel (PCF) ne cachent pas leurs positions pro-nucléaires. L’ex-ministre de l’Économie sous François Hollande a notamment signé un appel de l’Association de défense du patrimoine nucléaire et du climat (PNC-France) en février dernier, visant à «défendre le patrimoine nucléaire français», dans lequel était dénoncé le choix d’alors de l’exécutif d’attendre la mise en service de l’EPR de Flamanville pour construire de nouveaux EPR. De son côté, Fabien Roussel n’a pas donné de détails sur ses projets concernant ces réacteurs de troisième génération. Et pour cause, il évoque l’idée de consulter les Français sur le nucléaire, via un référendum.

Par Julien Da Sois, publié le 2 octobre 2021

Photo en titre : L’EPR de Flamanville (Manche) est pour l’heure le seul EPR en construction en France. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/nucleaire-les-centrales-epr-au-coeur-de-la-campagne-presidentielle-20211002

NDLR : Amis lecteurs, vous savez désormais pour qui NE PAS VOTER !