CINÉMA. EN TOURNAGE, LA LUTTE CONTRE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE PLOGOFF BIENTÔT SUR GRAND ÉCRAN

Le cinéaste costarmoricain Nicolas Guillou est en plein tournage dans le Finistère, du côté du Cap-Sizun où, il y a quarante ans, a eu lieu la mobilisation de Plogoff contre la construction d’une centrale nucléaire. C’est cette histoire qu’il a choisi de retracer dans son 4ème long métrage.

« Cette histoire », comme il dit, c’est à travers ses parents qu’il l’a vécue. Nicolas Guillou est adolescent lorsque, à l’extrémité du Cap-Sizun, dans le Finistère, Plogoff se soulève contre le projet d’implantation d’une centrale nucléaire. « Je trouvais cela incroyable que des gens, au bout de la Bretagne, se mettent debout pour dire ‘non‘ et défendre leur territoire » explique-t-il.

Quarante ans plus tard, le cinéaste des Côtes-d’Armor remonte le fil de la mémoire pour bâtir un film dont le tournage a débuté en septembre. Plogoff, 1980 – le titre est provisoire – est un récit de fiction construit autour de trois personnages de femmes : une jeune mère de famille, dont le mari, pêcheur, a disparu en mer, sa fille et la grand-mère maternelle.

Trois figures féminines qui font écho aux femmes de Plogoff très mobilisées dans la lutte contre la centrale nucléaire. « Je me suis attaché à retracer la période qui va de janvier à mars 1980 », celle qui correspond à l’enquête d’utilité publique jalonnée par les multiples actions des opposants.

« La force d’un mouvement démocratique« 

Après avoir raconté sur grand écran l’histoire du réseau Shelburn mis en place par les résistants bretons en 1944, Nicolas Guillou part à nouveau sur les traces de ceux et celles qui, « à un moment de leur vie, font des grands choix, indique-t-il. Il y a des valeurs incroyables dans ce combat de Plogoff. Il doit servir d’exemple pour montrer la force d’un mouvement démocratique ».

Une fois encore, c’est avec peu de moyens que le cinéaste costarmoricain fabrique son quatrième long métrage. « C’est même courageux de sa part de travailler ainsi, chapeau ! » confie Jean Moalic, président de l’association Plogoff, mémoire d’une lutte, qui fut l’un des fers de lance du combat dans le Cap Sizun.

Il souligne la démarche « participative » voulue par Nicolas Guillou avant même le premier tour de manivelle. « Il a rencontré les élus, les habitants, les associations. Il a organisé des réunions publiques pour nous parler de son projet. On sent qu’il est sincère dans sa manière de procéder ».

C’est d’ailleurs vers Jean Moalic que le réalisateur se tourne pour une relecture du scénario. « J’avais besoin qu’il me dise si j’étais à côté de la plaque ou pas. Il l’a lu et il m’a fait des critiques pertinentes. Il a recadré certaines choses et m’a remis sur les rails quand je m’égarais ».

« Une vraie générosité« 

Nicolas Guillou n’est pas du genre à entrer dans la vie des gens sans y être invité. Encore moins arriver quelque part en terrain conquis. « Cela me semblait logique de frapper à leurs portes et de leur demander l’autorisation, de leur expliquer ce que je voulais faire, de les inclure au projet » note-t-il. Et dans ce coin du sud-Finistère, le film a trouvé du soutien. « Comme on manque de moyens, on nous prête des choses, il y a une vraie générosité ».

Ici, une association de voitures anciennes de Pont-Croix qui fournit les véhicules d’époque. Là des commerçants, des agriculteurs, des pêcheurs qui apportent aussi leur aide. D’autres qui n’hésitent pas à prendre la plume pour dire simplement : « merci de défendre ce que l’on a fait ».

Les « Capistes » ouvrent également leur maison pour le tournage de certaines scènes en intérieur. « On n’y passe pas plus d’une journée, raconte Nicolas Guillou, sinon, cela deviendrait trop invasif ». Alors, pour ne pas trop déranger, l’équipe du film a investi le rez-de-chaussée de l’ancien lycée professionnel de Plouhinec transformé depuis deux ans en tiers-lieu. Elle y a installé un vrai plateau de cinéma « et on espère y accueillir les écoles qui auront envie de venir voir comment ça se passe » précise le réalisateur.

Le décor en construction dans l’ancien lycée professionnel de Plouhinec • © DR

Plogoff, 1980 sera projeté en deux temps : les Bretons pourront le découvrir en avant-première en octobre 2022. Avant une sortie nationale prévue début 2023.

Plogoff, 1980 a besoin de figurants pour les scènes de manifestations. Un appel est lancé aux bonnes volontés. Les tournages auront lieu d’octobre à novembre, essentiellement les week-ends. Contacter Marjorie au  07 67 78 42 90 ou par mail plogoff@vodistribution.fr

Publié le 06/10/2021 à 17h16, mis à jour le 06/10/2021 à 17h25

Photo en titre : Le tournage du 4ème long métrage de Nicolas Guillou, « Plogoff, 1980 », a débuté fin septembre. Le cinéaste costarmoricain y retrace la lutte des Bretons contre la construction d’une centrale nucléaire dans le sud-Finistère • © DR

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