EMMANUEL MACRON ANNONCE UN FUTUR PORTE-AVIONS À PROPULSION NUCLÉAIRE

ÉNERGIE: Le futur porte-avions fera 75.000 tonnes pour environ 300 mètres de long. Il sera livré en 2036

En déplacement sur le site du groupe Framatome du Creusot (Saône-et-Loire), ce mardi, Emmanuel Macron a annoncé que le futur porte-avions français serait, comme le Charles-de-Gaulle, à propulsion nucléaire, estimant que « notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire ».

Pour le chef de l’État, l’autonomie stratégique de la France, « c’est bien sûr la dissuasion, dans toutes ses composantes, c’est bien sûr la propulsion de nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins comme d’attaque, c’est aussi la propulsion nucléaire de nos porte-avions ». « C’est pourquoi j’ai décidé que le futur porte-avions qui dotera notre pays et notre marine sera comme le Charles-de-Gaulle à propulsion nucléaire », a-t-il ajouté.

« Le nucléaire restera la pierre angulaire de notre autonomie stratégique »

Une autre raison conduisant à ce choix plutôt qu’à une propulsion diesel, moins coûteuse, tient à la préservation des compétences « techniques, technologiques et industrielles sur toute la filière » sur le long terme. Le futur porte-avions sera beaucoup plus massif que l’actuel. Il fera 75.000 tonnes pour environ 300 mètres de long, contre 42.000 tonnes pour 261 mètres pour le Charles-de-Gaulle, soit davantage que les deux porte-aéronefs britanniques, mais moins que les 11 porte-avions américains, selon le cabinet de la ministre des Armées Florence Parly. Il sera construit par Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, seul chantier naval en France capable de bâtir un navire de cette taille. Sa livraison est prévue pour 2036.

« Le nucléaire restera la pierre angulaire de notre autonomie stratégique », a d’ailleurs affirmé Emmanuel Macron. « Pourvu qu’on progresse sur les déchets et la sûreté, le nucléaire est une énergie décarbonée, une énergie sûre » qui doit rester « un pilier de notre mix énergétique », a-t-il estimé, tout en demandant également « un très haut niveau d’énergies renouvelables ». Si Emmanuel Macron a dit n’avoir « jamais été partisan du tout-nucléaire » parce qu’il est nécessaire de ne pas dépendre d’une seule source, (NDLR : pourtant l’uranium est importé à 100% depuis 20 ans !!). « l’atome doit continuer à être un pilier pour les décennies à venir ».

« La France n’est pas au rendez-vous, ni de ses engagements, ni de ses ambitions »

En même temps, « la production d’énergie renouvelable (…) doit fortement augmenter, car la France aujourd’hui n’est pas au rendez-vous, ni de ses engagements, ni de ses ambitions » (NDLR : de la faute à qui ?), a-t-il ajouté, alors que la France veut réduire à 50 % la part du nucléaire pour 2035. « Mais renoncer au nucléaire, totalement ou trop rapidement, ce serait ouvrir comme d’autres pays l’ont fait des centrales à charbon ou à gaz ou importer de l’énergie carbonée. Et cela, nous nous y sommes refusés », a-t-il encore souligné.

Concernant la filière EPR, Emmanuel Macron a dit souhaiter que le travail d’études sur la construction de nouveaux réacteurs « s’achève dans les prochains mois afin que tous les éléments nécessaires soient disponibles avant la fin du quinquennat » en 2022. « L’ensemble des Français pourront choisir en connaissance de cause, en parfaite transparence. La décision définitive de construction de nouveaux réacteurs doit être préparée et devra être prise au plus tard en 2023 lorsque Flamanville 3 sera entré en service », a complété le chef de l’État.

Par 20 Minutes avec AFP, publié le 08/12/20 à 18h20, mis à jour le 08/12/20 à 20h36

Photo en titre : Emmanuel Macron et la ministre des Armées, Florence Parly, arrivent à bord du porte-avion Charles de Gaulle à Toulon, le 14 novembre 2018. — CHRISTOPHE SIMON / POOL / AFP

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