« NOS TRÈS CHÈRES CENTRALES NUCLÉAIRES »

Énergie. « Le véritable prix de revient de la production d’un kWh d’origine nucléaire doit intégrer de nombreux coûts cachés.« 

Le grand débat est encore lancé sur le coût de l’électricité et des différentes sources de production possibles. Il est évident que le coût ne s’arrête pas seulement à faire tourner l’usine.

Comme pour les batteries électriques, il y aura bien un après et un coût de recyclage ou de retraitement. Pour le nucléaire, il y a un avant, comme l’écrit très bien un lecteur, le 2 décembre, avec l’achat de l’uranium hautement politique et 100 % étranger. Qui est tout sauf français : notre indépendance énergétique est égale à zéro. Combien nous coûte notre soutien au Niger pour cet approvisionnement depuis cinquante ans ?

Il y a, bien sûr, le coût de construction et, là, on apprend récemment dans Ouest-France que de nombreux sites dédiés à la recherche ou à la production, comme à Basse-Indre (Loire-Atlantique), ne paient pas les vrais coûts. Il y a donc des subventions masquées et à quel niveau ?

Et puis il y a aussi l’après et, là, silence radio : la centrale de Brennilis (Finistère) est à l’arrêt depuis trente-six ans et toujours pas démantelée totalement, mais son coût n’a jamais été divulgué.

Par contre, les Allemands commencent à le faire et on parle de 2 milliards minimum par centrale. En France, nous avons cinquante-six réacteurs (dix-huit centrales). On sera autour de 50 milliards peut-être de démantèlement et aides locales à la reconversion comme pour Fessenheim (Haut-Rhin) et tout cela aux frais du contribuable bien sûr.

Cerise sur le gâteau : on ne parle jamais du coût des déchets, de leur traitement, de leur enfouissement éternel.

Alors combien coûte le kilowattheure (kWh) nucléaire ? Le double de ce qu’on nous rabâche, le triple ou 50 % de plus ?

Alors opposer le coût de l’éolien, qui, lui, intègre d’entrée de jeu le coût du démantèlement du pylône et des pales dans le prix de revient au coût, à celui de l’uranium dont, sans doute, 30 ou 40 % ou plus des coûts réels sont masqués, est un débat pour le moins faussé et malhonnête.

Par Benoit Mousse (courriel), publié le 17/12/2021 à 05h01

Photo en titre : La centrale nucléaire de Brennilis (Finistère), à l’arrêt depuis 1985. | ARCHIVES BÉATRICE LE GRAND, OUEST-FRANCE

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