NUCLÉAIRE : CE QU’EN DISENT LES CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE DE 2022

La question de la place du nucléaire dans le mix énergétique français fait l’objet de vifs débats. Les quelques incidents récemment survenus dans les centrales ont poussé les candidats à se positionner sur le sujet. Tour d’horizon des propositions.

Alors que plusieurs réacteurs sont momentanément à l’arrêt et que les déboires du chantier de l’EPR de Flamanville n’en finissent plus de s’accumuler, gauche et droite s’écharpent sur la construction de futurs réacteurs nucléaires. Le candidat d’extrême droite Éric Zemmour se rend jeudi 3 février dans la commune de Fessenheim pour défendre la construction de nouvelles centrales.

Éric Zemmour veut construire quatorze EPR

L’ancien journaliste est sans conteste le candidat avec les propositions les plus fortes en faveur de l’énergie nucléaire. Interrogé à ce sujet mardi 1er février sur Twitch, Éric Zemmour déclarait vouloir donner « un beau coup de fouet » à la filière, « très propre en matière de CO2 ». Il fixe deux objectifs : la construction de quatorze EPR à l’horizon 2050 et la prolongation de la durée de vie des centrales à 60 ans.

Le candidat de Reconquête ! souhaite parallèlement développer d’autres sources d’énergie comme la géothermie ou la biomasse pour compenser l’arrêt des éoliennes qui « enlaidissent les paysages français ».

Emmanuel Macron, des annonces imprécises en faveur du nucléaire

Emmanuel Macron, qui n’a pas encore déclaré sa candidature à un second mandat, a affirmé le 9 novembre vouloir relancer, « pour la première fois depuis des décennies », la construction de centrales nucléaires EPR de seconde génération.

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« Si nous voulons payer notre énergie à des tarifs raisonnables et ne pas dépendre de l’étranger, il nous faut tout à la fois continuer d’économiser l’énergie et d’investir dans la production d’énergies décarbonées sur notre sol », a justifié le président sortant.

Valérie Pécresse pour un « plan gaullien »

La candidate des Républicains s’est montrée très critique envers le président de la République, pointant des décisions « irresponsables et incohérentes » dans la gestion du parc nucléaire, en particulier la fermeture programmée de douze réacteurs d’ici à 2035 et l’arrêt de la centrale de Fessenheim.

Valérie Pécresse appelle de ses vœux un « plan gaullien » sur l’énergie pour une « remobilisation massive de la filière ». Elle souhaite engager une réflexion pour aller plus loin que les six réacteurs supplémentaires envisagés par le gouvernement.

Marine Le Pen, six EPR d’ici à 2035

Comme sa rivale des Républicains, Marine Le Pen critique vertement la fermeture de la centrale alsacienne qu’elle souhaite rouvrir, arguant qu’une centrale similaire aux États-Unis a été « prolongée de vingt ans en 2009 ». La candidate du Rassemblement national propose également la création de six nouvelles centrales d’ici à 2035.

Yannick Jadot pour une sortie responsable du nucléaire

Yannick Jadot souhaite une « sortie responsable du nucléaire pour une France 100 % renouvelable » . Le candidat Europe Écologie-Les Verts promet l’arrêt d’au moins dix réacteurs d’ici à 2035. « Ils seront fermés au fur et à mesure de leur obsolescence, détaille Yannick Jadot dans son programme, tout en garantissant la sécurité des installations et la continuité des approvisionnements en électricité. »

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En attendant une sortie définitive, le candidat écologiste soutiendra « l’innovation pour trouver des solutions à la gestion des déchets » et développera « une filière d’excellence dans les métiers du démantèlement ».

Pour Jean-Luc Mélenchon, sortir du nucléaire « parce que c’est dangereux »

En meeting à Nantes le 16 janvier, le candidat La France insoumise a été clair : « Il faut sortir du nucléaire, parce que c’est dangereux. »Jean-Luc Mélenchon, pragmatique, affirme cependant que « le parc nucléaire ne pourra fermer du jour au lendemain ». Inspiré du scénario Négawatt, il promettait jusqu’au mois de novembre une sortie du nucléaire, une « impasse », en 2030. Ce sera finalement 2045.

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La sortie du nucléaire sera rendue possible « par la baisse de la consommation » et « le développement des énergies renouvelables, le soutien aux infrastructures de réseaux et l’investissement dans les innovations énergétiques », détaille Jean-Luc Mélenchon dans son programme.

Fabien Roussel, seul candidat de gauche à vouloir investir massivement dans le nucléaire

Seul candidat de gauche à défendre l’atome, le communiste Fabien Roussel défend une filière qui permettra de « lutter contre l’énergie chère », de garantir à l’industrie « une énergie décarbonée, pilotable, stable » tout en préparant la « sortie des énergies fossiles ». « Je suis pour la création d’une filière dédiée pour former des CAP en nucléaire jusqu’à des ingénieurs », déclarait-il ainsi sur Public Sénat le 2 février.

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« Je suis un pragmatique qui veut tenir l’objectif d’une empreinte nulle en 2050 », insistait-il dans une interview au Journal du dimanche. Fabien Roussel souhaite ainsi favoriser un « mix énergétique » associant nucléaire et énergies renouvelables.

Par Esther Serrajordia et Matthieu Lasserre, publié le 03/02/2022 à 12h46

Photo en titre : Que disent les candidats à la présidentielle sur le nucléaire ? « La Croix » fait le point. SEBASTIEN BOZON/AFP

https://www.la-croix.com/Economie/Nucleaire-quen-disent-candidats-presidentielle-2022-2022-02-03-1201198360

NDLR : Si pour vous, poursuivre et développer encore plus de nucléaire est une option inacceptable, il ne vous reste que 2 candidats, possibles : Jadot et Mélenchon ; tous les autres relanceront de nouveaux réacteurs !