Ce projet, les antinucléaires de SDN Bugey l’avaient annoncé, le redoutaient même. Cette fois, l’implantation d’une blanchisserie industrielle se confirme dans le parc industriel de la plaine de l’Ain. À l’horizon 2025, elle deviendra l’unique site en France pour le nettoyage du linge contaminé, utilisé sur les sites nucléaires.
Très (pré)occupés par de grands projets liés à l’industrie nucléaire autour de la centrale du Bugey, les « anti » de Sortir du nucléaire Bugey (SDN), n’en restent pas moins vigilants.
Fin 2021, les militants s’inquiétaient de l’installation d’une blanchisserie industrielle chargée de décontaminer le linge des sites nucléaires français. Un faisceau d’indices avait éveillé leurs soupçons, comme la signature, dans l’été, du sous-préfet de Belley, pour un terrain à Saint-Vulbas de plus de 40 000 m par la société UniTech services dans le parc industriel de la Plaine de l’Ain (Pipa). Face aux alertes des militants, le patron de cette entreprise basée dans les Bouches-du-Rhône évoquait alors « une distorsion de la réalité ».
« 30 millions d’euros d’investissement »
Trois mois plus tard, les craintes se confirment. . Un « hub » d’envergure national s’implantera bien à Saint-Vulbas au premier semestre 2025 « si tout va bien ». Baptisé HIPeR, pour « hub industriel de propreté radiologique », ce projet à 30 millions d’euros est présenté par Jacques Grisot comme « une relocalisation ».
Il a été officiellement ajouté à la liste des « lauréats au fonds de soutien aux investissements du secteur nucléaire », le 24 février dernier. Au travers d’une même infrastructure, ce projet soutenu par France Relance, accueillera une blanchisserie industrielle dédiée au linge issu du nucléaire – « le but, c’est de relocaliser cette gestion qui aujourd’hui est externalisée aux Pays-Bas » explique Jacques Grisot, et « des prestations de requalification d’équipements faiblement contaminés et le développement de procédés innovants. »
« En tant que blanchisserie, on aura du linge à laver. Et dans le hall de propreté radiologique nous travaillerons sur la revalorisation d’outillages par exemple très faiblement contaminés qui ne sont aujourd’hui pas souvent réutilisés, ils partent dans une filière déchets », précise le patron qui reconnaît n’avoir « pas donné trop d’informations » en novembre dernier, «parce qu’on était vraiment aux prémices de ce projet ».
« Quasiment zéro rejet gazeux »
UniTech Services, déjà prestataire pour EDF, Orano ou le commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) s’est rapproché dans ce projet, de Curium, une PME implantée dans le Rhône et à Saint-Vulbas.
« Cette association permettra de mettre en place un système innovant de traitement des effluents liquides très performant. Il mènera à un rejet vraiment minime de radioéléments », promet Jacques Grisot. Il prévoit également « quasiment zéro rejet gazeux » et un trafic routier « ridicule » « par rapport aux entreprises logistiques présentes dans le Pipa ».
L’ouverture d’HIPeR, prévue « au premier semestre 2025, devrait s’accompagner de la création de « 40 à 50 emplois » promet enfin le dirigeant d’UniTech pressé de transférer le siège de son entreprise à Saint-Vulbas, « lorsque l’usine sera construite ».
Par Julia BEAUMET, publié le 12 mars 2022 à 17h30
https://www.leprogres.fr/economie/2022/03/12/une-blanchisserie-nucleaire-s-installera-bien-pres-de-la-centrale

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