GUERRE EN UKRAINE : POUR LE COLLECTIF ANTI-NUCLÉAIRE DE DIEPPE, LA FRANCE EST DANS UN CUL-DE-SAC

Mon actu : Menace nucléaire, guerre, sobriété énergétique… le collectif anti-nucléaire de Dieppe (Seine-Maritime) déplore une tardive prise de conscience des habitants.

Face au contexte de guerre, le collectif anti-nucléaire de Dieppe (Seine-Maritime) déplore une prise de conscience tardive des habitants en cas de danger nucléaire.

Pastilles d’iode, danger nucléaire, conflit… le collectif de Dieppe fait le point.

À lire aussi : Grâce à des entreprises, une association de Dieppe est allée chercher des Ukrainiens

Mon Actu : Les Informations dieppoises : La demande pour des pastilles d’iode ne cesse d’augmenter, comprenez-vous cette réaction ?

Collectif anti-nucléaire : Les gens ne savent pas forcément qu’il faut être dans un rayon de 20 km pour pouvoir bénéficier de ces pastilles. Mais nous, nous ne comprenons pas ce choix de limiter à un nombre de kilomètres. Dans d’autres pays, le périmètre est fixé à 50, voire 100 km. Certains pays même ont fait le choix d’une distribution de pastilles d’iode à tous leurs habitants.

En France, il y a trois ans, le périmètre était fixé à 10 km. De par la densité des réacteurs français, il faudrait prendre exemple sur ces pays étrangers. Car on prévoit de sérieuses difficultés en cas d’explosion d’un réacteur.

D’ailleurs, c’est dommage de voir l’arrivée d’une guerre pour que les gens se réveillent et se rendent compte de leur vulnérabilité face aux centrales. Tout de suite, ils veulent sauver leur thyroïde, mais qu’en est-il des autres organes ?

À lire aussi : Hausse du prix du carburant : les bateaux continuent de sortir à Dieppe mais jusqu’à quand

Actu : Et en cas de danger nucléaire dans la région de Dieppe, comment cela se passerait ?

Lors de l’explosion de Lubrizol il y a quelques années à Rouen, on sentait des odeurs de mercaptan ici et même jusqu’à Londres. Donc s’il y a un jour une explosion nucléaire, cela ne se limitera pas au territoire dieppois, car il faudra tenir compte du vent, un élément parfaitement aléatoire.

On avait échangé il y a quelques années avec un sous-préfet qui étudiait les voies d’évacuation à Dieppe et il en avait les cheveux blancs. Il disait toujours : « On y travaille ». Mais le capitaine des pompiers, lui, nous affirmait qu’ils ne sauraient pas comment faire pour évacuer la population. L’idée d’évacuer par bus a été mise de côté et il n’y a que deux trois routes pour sortir de Dieppe et une voie de chemin de fer ; de l’autre côté, c’est la mer… Il faudrait peut-être procéder à une auto évacuation.

Quant aux habitants, jusqu’ici, ils étaient plutôt dans le déni. Ils ne voulaient pas penser à une catastrophe et préféraient se voiler la face.

À lire aussi : La Chapelle de Bonsecours rouvre ses portes au public à Dieppe

Actu : Que vous inspire le conflit actuel ?

On est dans un cul-de-sac : nous ne sommes pas indépendants énergétiquement sans l’uranium du Niger et du Kazakhstan, sans le gaz russe… Les gens pensent que l’on exporte beaucoup d’électricité, mais on en achète beaucoup aussi !

Nous voulons une vraie sobriété énergétique, c’est-à-dire arriver à faire baisser la consommation d’une façon qui ne soit pas punitive. Il y a trois éléments à prendre en compte pour la transition écologique : la sobriété pour réduire, l’efficacité pour optimiser la consommation, et les renouvelables. Il faut arrêter de taper dans les réserves énergétiques. La sobriété et l’efficacité, ce sont comme des « gisements » que l’on a déjà.
Nous observons aussi que le nucléaire civil est étroitement lié au nucléaire militaire car en temps de guerre, il devient une terrible cible pour l’ennemi qui n’a même pas besoin d’avoir la bombe nucléaire, on la lui donne gratuitement et stratégiquement sur notre territoire !

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Les Informations Dieppoises dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

Par Maxime Cartier, (pour Les Informations Dieppoises) publié le 21 mars 2022 à 11h38 

Photo en titre : Françoise et Richard Kobylarz et Christine Ellison, membres du collectif anti-nucléaire à Dieppe (Seine-Maritime) estiment qu’en cas d’explosion nucléaire, il faudrait procéder à une auto évacuation pour échapper au danger. (©Les Informations Dieppoises)

https://actu.fr/normandie/dieppe_76217/guerre-en-ukraine-pour-le-collectif-anti-nucleaire-de-dieppe-la-france-est-dans-un-cul-de-sac_49490666.html