Ian Fairlie, consultant indépendant sur la radioactivité dans l’environnement (https://www.ianfairlie.org), présente dans un récent article intitulé « The Hazards of tritium » les caractéristiques singulières de l’hydrogène radioactif ou tritium (3H).
En s’appuyant sur les conclusions de nombreuses études, l’auteur explique comment le tritium, sous ses trois formes (tritium gazeux, eau ou vapeur d’eau tritiée, tritium organique), présente des risques sanitaires largement sous-estimés, qui devraient conduire les autorités de la protection radiologique à prendre des mesures de protection plus strictes pour les populations vivant dans la proximité des centrales nucléaires.
Concernant le projet du Japon de rejet à l’océan de plus de 1,25 million de mètres cubes d’eau tritiée (par ailleurs contaminée par d’autres radioéléments), de façon chronique pendant plus de vingt ans, cet article nous alerte indirectement sur les risques de pollution marine irrémédiable à Fukushima, par le TOL (tritium organiquement lié ou encore OBT en anglais).
Micro-organismes, algues, petits poissons et leurs prédateurs, voire amateurs de fruits de mer…
N’est-ce pas au final une menace de contamination de l’ensemble du vivant à travers la chaîne alimentaire, qui menace à Fukushima ?
Le Japon communique régulièrement que la dilution de l’eau tritiée rendra les rejets inoffensifs, « 16 grammes en tout et pour tout soit une cuillère à soupe » dit le METI ! ou encore que le seuil du tritium dilué sera bien inférieur au seuil pour l’eau potable…
Ne soyons pas dupe de ces éléments de communication : la comparaison entre l’eau potable et l’océan ne fait pas sens, tout seuil est arbitraire, la radioactivité s’accumule et pollue.
Quelle sera la nocivité du tritium dans l’océan ? Malformations, raréfaction de certaines ressources halieutiques ? Pendant combien de temps ? Aujourd’hui, nul ne peut le dire.
En France, suite aux rejets de l’installation nucléaire de La Hague, l’éventualité d’une bio-accumulation du tritium organique dans certaines espèces est aujourd’hui sous surveillance, tandis que la recherche sur les effets du tritium sur le vivant est en panne et que le Livre blanc du tritium (ASN) * appelle à poursuivre les recherches…
Souhaitons que les voix conjuguées des si nombreux pays fortement opposés à ce projet de pollution massive de l’océan à Fukushima fassent que le Japon y renonce, avant qu’il ne soit trop tard !
* Livre blanc du tritium 2010 (mise à jour février 2022) pp 188-189.
Par Evelyne Genoulaz, publié le 30 mars 2022
http://www.fukushima-blog.com/

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