NUCLÉAIRE. COMBUSTIBLE DE L’EPR DE FLAMANVILLE : EDF NE PROPOSERA PAS DE SOLUTIONS AVANT PLUSIEURS SEMAINES

Les études se poursuivent sur le combustible de l’EPR de Flamanville (Manche), livré entre octobre 2020 et l’été 2021, après les incidents survenus à Taïshan (Chine).

EDF ne devrait pas transmettre ses propositions pour renforcer les assemblages de combustibles du réacteur EPR de Flamanville (Manche) avant fin juin 2022. Dans un article du 13 avril dernier, le site d’information Montel cite un porte-parole de l’ASN, déclarant qu’« EDF envisage de nous transmettre le rapport vers fin juin ».

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Cette question des assemblages de combustibles du réacteur EPR fait suite aux incidents survenus sur l’un des deux réacteurs EPR en service sur le site de Taïshan (Chine).

Le réacteur numéro 1 avait débuté son deuxième cycle fin septembre 2020, après un rechargement partiel du combustible. Quelques semaines après, une « évolution atypique » des paramètres radio chimiques avait été observée, conduisant à l’arrêt du réacteur et au déchargement du combustible en août 2021.

L’étude de ce dernier a permis d’identifier l’origine de l’inétanchéité de quelques crayons d’assemblages combustible, liée à une dégradation de la gaine de ces crayons par un phénomène d’usure mécanique, localisée en partie basse du crayon. Cette usure mécanique est consécutive à la rupture de ressorts de maintien des crayons dans les assemblages. « Il s’agit d’un phénomène localisé, qui ne concerne qu’un nombre limité d’assemblages », avait expliqué David Le Hir, alors directeur de l’achèvement et des essais de l’EPR, devant la CLI, fin février.

Mêmes assemblages à Flamanville

Dans ce retour d’expérience, il évoquait également un phénomène de frottement localisé entre quelques assemblages et un composant enveloppant le cœur, le réflecteur lourd.

« Ce frottement est lié à des sollicitations hydrauliques, mais n’a pas conduit à l’inétanchéité des crayons. » (David Le Hir)

Concernant les assemblages de combustibles – les mêmes que ceux de Taïshan – et les conséquences pour l’EPR de Flamanville, où le chargement du réacteur est prévu au deuxième trimestre 2023, deux types de solutions sont évoquées par EDF.

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D’abord un renforcement des assemblages, au niveau des ressorts et des grilles, obligeant sans doute un renvoi des assemblages livrés à Flamanville à Framatome.

« La commande de nouveaux assemblages, si cette solution était retenue, serait compatible avec le calendrier de chargement. » (David Le Hir)

Une intervention au niveau du réflecteur lourd pour réduire les sollicitations hydrauliques est également à l’étude. « Nous en discutons avec l’ASN », explique en tout cas EDF. Le gendarme du nucléaire, de son côté, indique qu’elle prendra une décision sur la base des propositions d’EDF.

Par Jean Lavalley (Pour La Presse de la Manche), publié le 16 Avril 2022 à 13h43 

Photo en titre : Les études se poursuivent sur le combustible de l’EPR de Flamanville (Manche), livré entre octobre 2020 et l’été 2021, après les incidents survenus à Taïshan (Chine). (©EDF)

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