Nov 14

BURE : OPÉRATION BARRICADES AGRICOLES DES ANTINUCLÉAIRES

bure-barricadesMEUSE.-. Une centaine d’opposants au projet Cigéo de stockage de déchets radioactifs de Bure ont lancé dimanche une «opération barricades agricoles» sur une parcelle de terre.

Cette opération a eu lieu sur une parcelle de terre leur appartenant, pour dire non à la «nucléarisation des terres», a-t-on appris auprès d’un porte-parole des manifestants. L’opération dénommée «barricades agricoles» a démarré vers 10h30 sans incident en présence des gendarmes, sur un terrain de 3 ha appartenant aux antinucléaires, sur la commune de Luméville-en-Ornois (Meuse), à quelques kilomètres de Bure, a précisé ce porte-parole qui se fait appeler «Jacques Sillon».
Les manifestants, une soixantaine selon les gendarmes, étaient appelés à «coller des pains à l’Andra» (Agence nationale de la gestion des déchets nucléaires), en semant notamment du blé à pain, du seigle, des pommes de terres, mais aussi des semences pour ériger des haies d’arbres fruitiers et d’épineux pour «empêcher la destruction de cette parcelle par des pelleteuses». La parcelle est située sur le tracé d’une future voie ferrée destinée à convoyer vers Bure des trains chargés de déchets radioactifs, en provenance notamment de La Hague (Manche) et de Cadarache (Bouches-du-Rhône). «Nous dénonçons l’industrialisation de la campagne et la nucléarisation de ces terres (…) Les territoires ruraux sont en train de devenir des poubelles de la ville», a déclaré Jacques Sillon.

Un pan de mur abattu
«Il y a des semences sur chaque mètre carré pour montrer la diversité et la richesse de notre patrimoine face à la standardisation» alimentaire et au «développement de l’agro-business», a-t-il ajouté. Les antinucléaires ont été rejoints par des habitants, des agriculteurs, des agents forestiers, mais aussi des membres de la confédération paysanne et du réseau européen «Reclaim the Fields» qui rassemble des paysans sans terres. Les anti-Cigéo affirment que 300 ha de terres ont été retirés à l’usage agricole dans le cadre du projet de l’Andra, depuis septembre 2015. Le 14 août, plusieurs centaines de militants anti-Cigéo avaient abattu dans un bois à Mandres-en-Barrois les pans d’un mur de protection du chantier de l’Andra, qui faisait l’objet de plusieurs semaines de lutte.
Une décision du tribunal de grande instance de Bar-le-Duc avait suspendu, ce jour-là, les travaux menés par l’Andra, estimant qu’ils nécessitaient une autorisation de la préfecture. Depuis 20 ans, le projet Cigéo d’enfouissement à 500 m sous terre de déchets radioactifs à Bure, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, cristallise les luttes entre partisans et détracteurs du projet.

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