Déc 09

AREVA DANS LE COLLIMATEUR DE LA JUSTICE

arevaUne enquête a été ouverte pour mise en danger d’autrui, faux et usage de faux et tromperie aggravée, suite aux défauts de fabrication repérés dans l’usine du Creusot.
L’enquête provoque des interrogations sur la fiabilité de la sûreté nucléaire française
Les irrégularités détectées dans l’usine Areva du Creusot prennent une tournure judiciaire, avec une enquête pour tenter de faire la lumière sur des défauts dans la fabrication de pièces de réacteur nucléaire et des anomalies dans les processus de suivi sur le site. Selon une source judiciaire, l’enquête préliminaire a été ouverte mercredi au pôle santé publique du parquet pour mise en danger d’autrui, faux et usage de faux et tromperie aggravée.
Elle fait notamment suite à un signalement de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 20 octobre, dont le président Pierre-Franck Chevet avait évoqué devant des parlementaires, fin octobre, « des falsifications » parmi les dossiers de suivi de fabrication de pièces forgées au Creusot (Saône-et-Loire). « Nous n’avons pas été informés à ce stade. Le groupe se tient bien sûr à la disposition de la justice et communiquera en toute transparence tous les éléments à sa disposition », a réagi une porte-parole d’Areva à l’annonce de l’ouverture de l’enquête, confiée à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) et l’Office spécialisé contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp).

« Incohérences »
Suscitant des interrogations sur la fiabilité de la sûreté nucléaire française, ces anomalies documentaires avaient été décelées dans le cadre d’un audit qualité lancé en 2015 au Creusot après la découverte d’un défaut dans la composition de l’acier de la cuve du réacteur EPR en construction par EDF à Flamanville (Manche), fabriquée sur le site. Cet audit s’était dans un premier temps concentré sur environ 400 dossiers dans lesquels ont été relevées, selon l’ASN, « des incohérences, des modifications ou des omissions », avant d’être étendu à l’ensemble des 9 000 dossiers de fabrication de l’usine du Creusot. Il concerne aussi l’usine de Saint-Marcel (Saône-et-Loire), qui assemble les composants lourds équipant les réacteurs, et celle de Jeumont (Nord), qui produit des équipements mobiles pour réacteurs.
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