Jan 29

RÉVÉLATION : UNE DÉCHARGE NUCLÉAIRE SAUVAGE D’AREVA DANS LE SUD-EST

DéchargePendant des années, à Solérieux non loin du site atomique du Tricastin, Areva a déposé des fûts radioactifs, dont certains de résidus de plutonium et de produits de fission nucléaire, dans une banale décharge destinée aux ordures ménagères et gravats non-toxiques. Échappant à tout contrôle plus de 34 000 tonnes ont été ainsi empilées à même le sol sur une hauteur de 20 fûts calés par des pneus de tracteurs et camions. Depuis quelques temps ça fuit tandis que le tumulus s’effondre… Un nouveau scandale du lobby nucléaire…

Une poubelle nucléaire sauvage : le cadeau empoisonné d’AREVA à la France
Une simple décharge (classe 2) ne devant accueillir que des ordures ménagères inertes, des déblais et des gravats stables non toxiques a été utilisée pendant des années pour dissimuler les déchets radioactifs d’Areva-Comurhex (COnversion Métal URanium HEXafluorure). Cet incroyable et scandaleux dérapage a été mené en toutes connaissances de causes dans la petite commune de Solérieux (335 habitants) proche du site nucléaire du Tricastin (sud-est de la France)* à quelques pas de la ville vauclusienne de Bollène. En échappant à tout contrôle des autorités.

Après inventaire, il se révèle que cette inimaginable poubelle atomique est constituée de 100 000 fûts radioactifs empilés les uns sur les autres à même le sol. Près de 34 000 tonnes de matières toxiques sur une hauteur d’une vingtaine de couches de fûts contenant de la fluorine (CaF2) contaminée à l’uranium enrichi. 10 à 15 % de ces déchets contiennent, en toute illégalité, des résidus hautement radioactifs tel du plutonium et des produits de fission nucléaire provenant de l’usine Areva de retraitement et conditionnement des déchets nucléaires de La Hague dans la Manche ! Non prévue ni conçue pour stocker des déchets toxiques et radioactifs, la décharge d’ordures ménagères et gravats ne comporte aucune protection latérale ni de fond, aucun système technique de drainage ni de filtration des émanations mortelles, aucun appareil de mesures, de protection ou surveillance de la radioactivité. (1)
Pourtant, déjà par le passé, alerté par des citoyens et des antinucléaires, une expertise judiciaire du 13 juillet 1980 faisait le constat qu’un an plus tôt, en juin 1979, un fût en provenance du Tricastin avait bien atterri dans cette décharge d’inertes et s’y était retrouvé « par erreur » : il contenait 150 kg de trois types d’uranium représentant une masse de matière fissile de 1157 grammes d’U235, soit presque la limite de criticité (2) de 1 200 grammes en un seul fût ! Les autorités n’ont pas voulu réagir à hauteur du danger, de l’illégalité, des menaces. C’est qu’il fallait à tout prix protéger le système atomiste et le lobby nucléaire. Un simple grillage de jardin entoure aujourd’hui la décharge mortelle.
Un entassement de fûts rouillés et d’écoulements toxiques
Depuis quelques temps, plusieurs années affirment des témoins, cet empilement mortel a commencé à rouiller. Et depuis ça a continué. Les fûts sont empilés en 20 couches. Les plus basses sont carrément éventrées par la pression du poids. Alors, pour dissimuler le délit, « on » a recouvert rapidement cette décharge nucléaire sauvage d’une simple couche de terre. Et l’herbe a fait le reste.
Au fil des ans, cette masse mortelle et informe de fûts radioactifs et de terre a été maintenue sur les côtés par des empilements successifs de pneus de tracteurs ou de camions. Du bricolage permanent en toute illégalité.
Aujourd’hui ce tumulus s’affaisse inexorablement et des milliers de tonnes de déchets et matières radioactives s’infiltrent dans le sol. Vers on ne sait où. Une pollution radioactive majeure et criminelle est en cours, les autorités, qui ont longtemps fermé les yeux et conduit à l’aggravation du crime semblent tétanisées et impuissantes. Pourtant cela dure depuis des décennies. Et la municipalité ne s’est pas démenée pour y mettre un terme. Est-ce par ce que lors du traditionnel « cross- triathlon de Solérieux » les dossards des coureurs affichent le nom… Areva ?
Si un incendie se déclarait sur place ou dans la garrigue voisine l’inflammation des pneus serait fatale. L’accident nucléaire serait majeur et incontrôlable. Il y aurait libération et dispersion dans l’atmosphère de contaminants radioactifs. D’autant que dès à présent certains déchets dont les fluorines sont des combustibles susceptibles de s’enflammer et d’auto-entretenir un incendie.
Les autorités doivent agir de toute urgence pour faire cesser le délit, le crime, protéger la population et l’environnement.

Dès à présent un appel est lancé à toute personne qui aurait des informations et documents (photo, film, texte, témoignage à apporter) sur l’activité de cette décharge afin de compléter nos investigations  (adresser un mail à l’association next-up alerte@next-up.org ou téléphoner au 0811 260132 appel non-surtaxé).

(1) Vidéo-présentation ici

 (2)  Le risque d’accident de criticité existe lorsque les processus industriels traitent de plutonium et/ou d’uranium enrichi à plus de 1% en uranium 235. Selon une étude de l’IRSN d’octobre 2009, une soixantaine d’accidents de criticité ont été déclarés dans des installations nucléaires depuis 1945 : 39 sont survenus sur les réacteurs de recherche et dans les laboratoires sur des assemblages critiques, 22 dans les installations du cycle du combustible. Ces accidents ont provoqué des rejets radioactifs dans l’environnement et/ou des irradiations importantes entraînant 19 décès dont 15 entre 1945 et 1971.

L’accident de criticité est  une libération fortuite d’énergie survenant à la suite d’une réaction en chaîne de fissions. Elle  peut se produire dans une installation  lorsque la quantité de matière fissile présente est supérieure à la masse critique qui dépend de la géométrie et des propriétés physico-chimiques du milieu considéré. Elle s’accompagne de l’émission intense de rayonnements neutrons et gamma ainsi que du relâchement de produits mortels de fission. Une telle réaction se déclenche brutalement dès que les conditions propices sont réunies. Elle peut causer une irradiation grave, également létale, des personnes se trouvant à proximité

Ce risque peut se manifester à plusieurs stades du cycle du combustible nucléaire : dans l’usine d’enrichissement, lors du transport, du traitement de combustible irradié, de stockage et manipulation de déchets nucléaire ou de l’utilisation de produits de fission (combustible). L’accident peut être lié à une erreur humaine ou à une défaillance d’un équipement durant laquelle un paramètre dépasse son seuil critique. Cet état peut être atteint par un non-respect de procédure (utilisation d’un conteneur de trop grand diamètre pour une solution concentrée de plutonium) ou de manipulation (transfert d’une solution concentrée dans un équipement de géométrie quelconque). Il peut aussi résulter d’une perte de géométrie (rupture de confinement) ou d’une agression externe (séisme, inondation).

http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/