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Avr 26

FRANCE : SURVEILLANCE DE L’IMPACT DES RETOMBÉES RADIOACTIVES

CRIIRADCommuniqué CRIIRAD du 26 avril sur la contamination des sols

La CRIIRAD met en place un réseau de bénévoles. Objectif :

Surveiller la radioactivité de manière indépendante

En cas de catastrophe nucléaire, il est important de disposer rapidement d’une évaluation fiable de la nature et de l’intensité de la contamination afin d’évaluer la pertinence des mesures de protection que les autorités mettent en œuvre (ou pas) au niveau collectif et de pouvoir conseiller les citoyens sur les mesures individuelles.

En 1986, en réaction aux mensonges des autorités françaises sur l’impact de la catastrophe de Tchernobyl, des citoyens ont créé la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité). La CRIIRAD dispose de son propre laboratoire d’analyse de la radioactivité et gère, avec le soutien de collectivités locales, un réseau de balises, dans la vallée du Rhône, afin d’être en capacité de détecter, dans les meilleurs délais, une contamination radioactive de l’atmosphère.

En complément de ces outils, la CRIIRAD a décidé de développer sur le territoire national, un réseau de bénévoles. Il s’agit de citoyens, adhérents à l’association CRIIRAD, formés par le personnel du laboratoire et capables d’effectuer des mesures radiamétriques et des prélèvements d’eau de pluie, du couvert végétal et du sol en cas de suspicion de contamination.

La contamination durable des sols par le césium 137

Entre février et avril 2017, 20 bénévoles ont collecté des échantillons de sol dans le quart sud-est de la France. Les analyses radiologiques effectuées au laboratoire de la CRIIRAD permettent de disposer d’un d’état des lieux qui servira de référence en cas de retombées futures.

Le césium 137, un élément radioactif artificiel est détecté dans les 20 échantillons de sol prélevés entre février et avril 2017, à des niveaux de quelques Bq/kg à quelques dizaines de becquerels par kilogramme. Il s’agit de la contamination résiduelle imputable aux retombées des essais nucléaires atmosphériques particulièrement intenses dans les années 50-60 et à celles de Tchernobyl en 1986. En effet, la période physique du césium 137 est de trente ans, c’est le temps nécessaire pour que sa radioactivité soit divisée par deux.

Il existe sur le territoire français des secteurs où la contamination par le césium 137 a pu s’accumuler de manière spécifique, comme le montrent les mesures effectuées par la CRIIRAD en 2015 au pied des hêtres (1 130 Bq/kg sec) et dans des fonds de dolines du Vercors (8 000 Bq/kg sec) ou des sols du Mercantour (plus de 100 000 Bq/kg). Les études réalisées récemment par le laboratoire de la CRIIRAD, avec le soutien financier du Conseil Régional Rhône-Alpes ont permis de montrer que 80 % du césium 137 est présent dans les 20 premiers centimètres de sol et que certaines espèces de champignons restent contaminées par le césium 137 à des niveaux significatifs (plus de 100 Bq/kg frais pour des bolets bais et des chanterelles en tube de la Loire). Si ces champignons avaient été cueillis au Japon, à ces niveaux de contamination, ils n’auraient pas pu être exportés ni franchir les frontières de l’Europe.

Mise en ligne en avril 2017 de l’Atlas de la contamination des sols

L’ouvrage « Contaminations radioactives : Atlas France et Europe » publié en 2002 aux éditions le Souffle d’Or est accessible gratuitement sur internet depuis avril 2017.
La CRIIRAD y présente, en première partie, le dossier accablant qu’elle a constitué, tout au long des années, sur le mensonge de Tchernobyl, passant au crible les informations et les cartes publiées par les services officiels. La carte présentée page 20, basée sur l’analyse au laboratoire de la CRIIRAD de carottages de sol effectués entre 1987 et 1992 au niveau de 169 communes, montre l’intensité des dépôts de césium 137 de Tchernobyl. À cette époque, du fait de la persistance du césium 134, la CRIIRAD a pu distinguer la contamination imputable à Tchernobyl de celle, antérieure, liée aux essais nucléaires militaires.
Les services de l’État ont bien menti aux populations françaises, en 1986, sur les dépôts de radioactivité consécutifs à la catastrophe de Tchernobyl. Les niveaux de contamination, en particulier sur une bande Est, allant de la Corse à l’Alsace justifiaient pleinement que des mesures de protection soient mises en œuvre. La France fut à l’époque un des rares États à n’avoir mis en place aucune mesure de protection.
Entre 1999 et 2001, le géologue indépendant André Paris a réalisé plus de 3 000 mesures dans toute la France, et jusqu’en Ukraine, au cœur de la zone interdite. Les activités en césium 137 reportées sur les cartes de l’Atlas, déterminées selon une méthodologie établie avec le laboratoire de la CRIIRAD, rendent compte de la contamination superficielle des sols dits « de bonne conservation ». Quatorze ans après la catastrophe, les sols restaient contaminés par le césium 137 provenant essentiellement du reliquat des retombées des essais nucléaires atmosphériques, particulièrement intenses dans les années 50-60 et des retombées de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Du fait de la disparition du césium 134, il n’était plus possible alors de discriminer les différentes contributions. La question des «points d’accumulation» est également abordée dans cet ouvrage.

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD

Contact : bruno.chareyron@criirad.org / Mobile : 06 27 27 50 37

http://www.criirad.org/actualites/tchernobylfrancbelarus/tchernobylmisajourjuil05/CP_CRIIRAD_2017_04_26_Tchernobyl.pdf