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Juil 21

ARMÉES : APRÈS LA «CRISE», MACRON LANCE L’OPÉRATION RECONQUÊTE

Macron arméesLe chef de l’État était en visite hier à Istres, maillon clé de la dissuasion nucléaire. Un déplacement sensible après la crise provoquée par la démission du général de Villiers au cours duquel le président Macron a renouvelé ses engagements envers les armées.

À Istres, l’heure était à la calinothérapie. Au lendemain de la crise provoquée par la démission fracassante du chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, Emmanuel Macron s’est évertué hier à reconquérir le cœur et les esprits des militaires, multipliant les hommages à leur action et les assurances budgétaires.

«Je veux que vous ayez les moyens de vos missions», a lancé le chef de l’État et des armées dans une adresse au personnel de la base aérienne 125 d’Istres (Bouches-du-Rhône), qui figure parmi les maillons clefs des forces de dissuasion nucléaire.

«Votre engagement, l’engagement de l’armée de l’air comme celui de toutes les armées est nécessaire et je le respecte profondément, (…) je sais ce que la Nation vous doit», a insisté le président, assurant les militaires de sa «profonde estime» et de sa «confiance».

Le ministère des Armées n’est pas «un ministère comme les autres parce que des vies sont engagées au quotidien», a-t-il encore observé avant d’ajouter : «Je ne laisserai personne dire que des choix budgétaires se font aux dépens de votre sécurité. C’est faux. J’en serai le garant.»

Emmanuel Macron a réaffirmé que le budget de la Défense serait porté à 34,2 milliards d’euros en 2018, soulignant qu’«aucun budget (ministériel) autre que celui des armées ne sera augmenté» cette année-là. Il a également réaffirmé sa volonté de porter l’effort de défense à 2 % du PIB d’ici à 2025.

«Ce sont des engagements que j’ai pris et que je tiendrai», a-t-il martelé, relevant que l’augmentation de 1,8 milliard d’euros du budget des armées prévue en 2018 étant sans précédent «ces dernières années».

Quant aux polémiques sur les économies demandées en 2017 et qui ont conduit au départ du général de Villiers, «nous méritons collectivement mieux qu’un tel débat», a jugé le président, qui a cependant rendu un «chaleureux hommage» au général, «grand soldat aimé et admiré de ses subordonnés».

Mais, pour le chef de l’État, «le premier élément» est désormais «d’avoir une stratégie diplomatique, militaire, capacitaire», qui fera l’objet d’une réflexion «conduite dans les prochaines semaines sous l’autorité de la ministre des Armées» Florence Parly. À ses côtés lors de la visite à Istres, la ministre devra lui rendre ses conclusions «à l’automne»

En 2017, a encore certifié M. Macron, «le montant de la loi de finances initiale sera respecté» et, s’il y a «une contribution des armées à la solidarité nationale», à hauteur de 850 millions d’euros, «ces décisions de gestion (…) n’auront aucun impact, ni sur la stratégie, ni sur les capacités, ni sur l’effort» de défense.

À Istres, Emmanuel Macron était accompagné pour la première fois du général François Lecointre, successeur du général de Villiers. L’armée est à nouveau en ordre de marche au sommet.

Istres, maillon clé de la dissuasion nucléaire

Avec les quatre sous-marins lanceurs d’engin (SNLE) de la Force océanique stratégique de l’Île Longue, en Bretagne, la base aérienne d’Istres constitue un élément fondamental de la force de dissuasion française. Mise au point dans les années 1950 et 1960, au cœur de la Guerre froide et dans un contexte de défiance permanente vis-à-vis des autres puissances mondiales, la mise au point d’une dissuasion nucléaire crédible et efficace avait pour but la garantie de l’indépendance nationale de la France et de sa sécurité.

La force de dissuasion est ainsi constituée de deux composantes indépendantes et complémentaires.

La composante océanique, située sur la base de l’Île Longue (Finistère), regroupe des sous-marins lanceurs d’engin (SNLE) équipés de missiles balistiques intercontinentaux.

La composante aéroportée, quant à elle, est constituée de missiles ASMPA (missiles air-sol de moyenne portée améliorée) qui sont majoritairement mis en œuvre sur des Mirage 2000N ou des Rafale, dont la visibilité traduit la «détermination française à agir» selon le ministère des armées.

La dissuasion repose sur 3 principes :

. la permanence, ce qui signifie que les dispositifs sont toujours effectifs ;

. la crédibilité, c’est-à-dire la complémentarité des composantes océanique et
aéroportée en termes de portée et de précision et enfin

. la stricte suffisance, qui ébauche une dissuasion strictement défensive pour répondre
aux besoins de la France.

Depuis les années 1980 et la mise en œuvre du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, l’arsenal français a été réduit de moitié, atteignant aujourd’hui 300 armes.

La dissuasion nucléaire reste cependant un élément clé du budget de la Défense, atteignant 3,9 milliards d’euros en 2917, soit 12 % du budget.

http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/21/2615903-armees-apres-la-crise-macron-lance-l-operation-reconquete.html