Mai 05

LES VÉTÉRANS DU NUCLÉAIRE SOUHAITENT «ÊTRE RECONNUS»

L’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires) a tenu son assemblée générale à Lourdes. La plupart des adhérents sont venus de toute la région pour mieux faire comprendre leur combat.

Samedi dernier, l’Aven a organisé une exposition de photos et de documents dans le hall du Palais des congrès. Les vétérans des essais nucléaires, malades ou non malades, sont les personnels civils ou militaires qui ont participé aux programmes d’essais nucléaires français sur les sites du Sahara et de Polynésie française, depuis le 13 février 1960 jusqu’au 27 janvier 1996.

En quête d’un accès aux dossiers médicaux

«Notre association, créée le 9 juin 2001, à Lyon, a pour but de soutenir la cause de tous les vétérans et particulièrement ceux porteurs de maladies radio-induites, en intervenant auprès des autorités administratives et judiciaires», souligne Guy Buetas vice-président de l’Aven Midi-Pyrénées. Ils souhaitent obtenir le recensement des personnels civils et militaires qui ont travaillé aux centres d’expérimentation du Sahara, sur les sites de Reggane et d’In Ecker, et au Pacifique, sur les sites de Mururoa et Fangataufa, et avoir accès aux dossiers médicaux militaires des personnels des essais.

Des maladies non prises en compte

«Nous souhaitons que la loi de 2010 évolue et qu’elle prenne en compte les 21 maladies, mais aussi les autres maladies, dont 10 autres ne sont pas encore reconnues, notamment les maladies cardio-vasculaires. La loi doit s’étendre à la descendance car une personne irradiée peut transmettre durant 22 générations, mais les effets biologiques ne sont visibles qu’à moyen, long et très long terme. Il faut également qu’il y ait reconnaissance de la nation», explique Christian Crampe, irradié et non reconnu. Pour exemple, sur 150 000 personnes ayant travaillé au Sahara et en Polynésie, 500 dossiers ont été présentés et une centaine de vétérans seulement ont été indemnisés.

Un autre grand rendez-vous sera le congrès national de l’Aven, prévu les 12 et 13 novembre prochain, à Montauban, où ses membres vont rester mobilisés et solidaires car souvent des embûches subsistent et entravent le chemin de la justice et de la réparation.

Bons baisers de Mururoa

À voir au cinéma : «Bons Baisers de Mururoa», primé au Festival de Berlin. Ce documentaire (52′) du Rennais Larbi Benchiha a reçu le premier prix du festival Uranium, en 2017, ayant pour thème l’ère nucléaire. Ce sont des témoignages de vétérans sur les 193 essais nucléaires que la France a réalisés sur les atolls de Polynésie, entre 1966 et 1996. Durant toutes ces années, de nombreux personnels civils et militaires y ont séjourné. Tous, à l’époque, ont signé une clause de confidentialité alors qu’ils n’avaient qu’une vingtaine d’années.

Simone Beugin

https://www.ladepeche.fr/article/2018/05/05/2792191-les-veterans-du-nucleaire-souhaitent-etre-reconnus.html