Août 03

NUCLÉAIRE. BRENNILIS ATTEND NICOLAS HULOT

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, souhaitait réduire à 50% la part du nucléaire en 2025. Il explique pourquoi il a renoncé : « Parce que cela nécessiterait de fermer 17 à 25 réacteurs d’ici 2025 et qu’il n’y a pas une personne honnête qui dirait que c’est tenable. Je fais des choses sincères et tenables. » (Aujourd’hui en France, mercredi 4 juillet 2018).

Fermer une centrale est facile (?!), la démanteler c’est moins. Un chantier colossal qui permettra de reconvertir le personnel lorsqu’il sera question de fermer la centrale de Fessenheim, en Alsace. En Bretagne on possède une bonne expérience en la matière avec le site nucléaire de Brennilis, dans les monts d’Arrée. « EDF vient de nous annoncer qu’il lui faudra encore 17 ans de travaux », explique Armelle Huruguen, présidente de la commission locale d’information. Le démantèlement complet ne sera donc théoriquement pas achevé avant… 2038. Or cette centrale construite entre 1962 et 1967 est à l’arrêt total depuis 1985. En effet, à ces dix-sept ans, il faut ajouter trois autres années nécessaires pour l’instruction du dossier, y compris une enquête publique.

Comme à Flamanville, les coûts explosent. En Normandie, le réacteur nucléaire de nouvelle génération devait être mis en service en 2012 et coûter 3,3 milliards d’euros. Aujourd’hui, « l’objectif de coût de construction (sic) est porté de 10,5 milliards à 10,9 milliards d’euros » et le réacteur ne fonctionnera pas à pleine puissance avant le deuxième trimestre 2020, explique la direction d’EDF (Ouest-France, jeudi 26 juillet 2018).

En Bretagne, on est plus modeste. En 2005, la Cour des comptes évaluait le coût de la déconstruction de Brennilis à 482 millions d’euros, soit 20 fois plus que l’estimation publiée en 1985, lors de la mise à l’arrêt. « En 2017, la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires n’a pas réussi à obtenir une nouvelle estimation de la part d’EDF » (Les Échos, lundi 23 juillet 2018).

Conclusion : construire une centrale nucléaire coûte une fortune. La démanteler en coûte une autre. On comprend pourquoi Nicolas Hulot – « une personne honnête » – affirme que « fermer 17 à 25 réacteurs d’ici à 2025 » n’est pas « tenable ». S’il faut attendre 2038 pour venir à bout de Brennilis, pour Fessenheim, ce sera la fin du siècle…

Bernard Morvan, le 3 août 2018 à 6h09

NDLR : l’auteur de cet article confond arrêter une centrale et la démanteler. Ce n’est pas d’arrêter une centrale nucléaire qui coûte cher mais de la démanteler.

https://www.breizh-info.com/2018/08/03/100301/nucleaire-brennilis-hulot