Jan 18

LES DISSUASIONS: IXIÈME ASSISES NATIONALES DE LA RECHERCHE STRATÉGIQUE

L’événement a réuni des intervenants russes, américains et britanniques et des représentants d’autorités religieuses dont les points de vue sont indispensables pour mettre en œuvre une réflexion dense et pertinente qui inclue aussi des questions éthiques. L’objectif de cette variété des expertises est de bousculer les idées reçues et de construire un débat sur les enjeux sécuritaires et stratégiques mondiaux.

Le thème au centre du débat est la dissuasion nucléaire. Nous vivons aujourd’hui un retour des rapports de force, des frontières et des murs. La question est donc de savoir si, dans ce nouveau contexte, la dissuasion nucléaire va jouer un rôle stabilisant ou non. Sera-t-elle un nouveau marqueur de la puissance entre Etats ou un moyen d’éviter un retour des guerres mondiales et des guerres de masse ? Certains considèrent, à tort, que la dissuasion est inutile et n’a pas évolué depuis les années 1960. Elle est pourtant la clé de voûte des stratégies de défense, et c’est une matière vivante marquée par des évolutions en termes de concepts, d’effets et de doctrines. La doctrine nucléaire française n’est pas figée et est capable de prendre en compte l’évolution face à des nouvelles menaces et un paysage stratégique qui se renouvelle. C’est donc une notion centrale dans le contexte stratégique actuel. Une autre représentation que la IXième journée des Assises du CSFRS cherche à déconstruire concerne l’idée selon laquelle le foisonnement technologique actuel et le renforcement des capacités non-nucléaires peuvent remplacer la dissuasion nucléaire. Or l’arme nucléaire a une valeur unique que les autres armes n’ont pas : elle offre à l’adversaire la certitude de dommages inacceptables et incalculables.

Pour autant, il paraît nécessaire d’adopter une réflexion permanente sur les conditions d’utilisation de la dissuasion par l’arme nucléaire. C’est un danger international et une insécurité permanente dont il faudrait sortir, et c’est aux Etats détenteurs de réfléchir à leur obligation de désarmement nucléaire, pensent ses opposants.

Tous ces points permettent de comprendre la place de cette question dans le contexte stratégique et la contestation de l’ordre mondial qui fait l’objet de débats et de réflexions y compris éthiques. Il s’agit de construire une vision géopolitique large, afin de rendre compte de cette insécurité permanente.

Plus : le site du CSFRS

Par CSFRS, le 18 janvier 2019

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