Un procès devait avoir lieu, vendredi 18 octobre au matin, devant le tribunal de police de Bourg-en-Bresse. Électricité de France (EDF) était poursuivie pour « exploitation d’une installation nucléaire de base sans respect des prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire ». Il lui est reproché une pollution radioactive des eaux souterraines.
Le 20 décembre 2017, sur le site de la centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas, EDF avait détecté une concentration anormale de tritium dans un piézomètre (tube permettant l’accès à la nappe phréatique). Très volatile, cette substance radioactive est susceptible de provoquer des dommages à l’ADN. Elle atteignait alors 670 Becquerels par litre. Des pics de concentration plus importants (jusqu’à 1 600 Bq/l) avaient été détectés les jours suivants et à d’autres endroits du site.
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui surveille les installations nucléaires, avait alors dressé procès-verbal et le parquet de Bourg-en-Bresse avait engagé des poursuites. L’association Réseau Sortir du Nucléaire (RSN) avait également porté plainte et s’est portée partie civile.
Des militants du Réseau Sortir du Nucléaire étaient rassemblés vendredi matin devant le tribunal de Bourg-en-Bresse. Photo Progrès /Frédéric BOUDOURESQUE.
Le procès devait avoir lieu vendredi matin, mais la procureure a demandé un renvoi car l’avocat d’EDF, qui plaide la relaxe dans ce dossier, a déposé trop tardivement ses conclusions. L’affaire a donc été renvoyée en février 2020.
« Les effluents radioactifs sont acheminés vers des réservoirs où ils sont stockés pour décroissance radioactive avant rejet dans le Rhône. Là, une des canalisations a perdu son intégrité en raison d’un dysfonctionnement d’un clapet et des pompes de relevages. Cela a conduit au déversement de 650 m³ d’effluents radioactifs dans un système de rétention. Cela a conduit à une contamination du sous-sol et de la nappe phréatique car ce système de rétention n’était pas étanche. En moins de cinq ans, c’est déjà la troisième fuite radioactive dans l’environnement. La première en octobre 2012 , où une canalisation avait rompu, et en décembre 2014, suite, également, à une rupture de canalisation » précise Marie Frachisse, la juriste de RSN.
Par Le Progrès, publié le 18 octobre 2019 à 11h24, mis à jour à 18h34
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