BELGIQUE ET LUXEMBOURG : LA GROGNE S’INTENSIFIE AU SUJET DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Alors que la consultation transfrontalière prend fin le 13 juin, c’est au tour du Comité national d’action contre le nucléaire de monter au créneau. Le collectif luxembourgeois s’inquiète des conséquences que pourrait avoir une implantation notamment dans la région de Neufchâteau.

(DH) – En Belgique, l’après-nucléaire c’est déjà demain. En effet, en théorie, le royaume mettra les réacteurs de Doel et de Tihange à l’arrêt en 2025. Toutefois, la question de l’enfouissement géologique ou souterrain des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies reste en suspens. Une situation qui fait de plus en plus grincer des dents au Luxembourg en raison de la promiscuité de certains sites actuellement à l’étude.

Ainsi, à la suite de Carole Dieschbourg (Déi Gréng), la ministre de l’Environnement, qui avait déploré «un manque de transparence» dans ce dossier sensible, c’est au tour du Comité national d’action contre le nucléaire de monter au créneau ce mardi. Il est vrai que onze jours nous séparent du terme de la consultation publique sur les incidences environnementales du projet de l’Office national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (Ondraf), en charge de la question.

Des déchets nucléaires aux portes du Luxembourg

Alors que la ministre belge de l’Énergie Marie-Christine Marghem avait dénoncé «une campagne de désinformation» de Carole Dieschbourg, le collectif regroupant les organisations non gouvernementales, les syndicats et principales formations politiques du Grand-Duché réaffirme ses craintes. Il indique même que dans le contexte de la crise sanitaire il est «parfaitement inacceptable de lancer une telle consultation publique».

Faute d’expériences antérieures, le Comité national d’action contre le nucléaire indique qu’«on ne peut affirmer raisonnablement qu’un stockage géologique soit une vraie solution à la problématique». D’autre part, et toujours selon le collectif luxembourgeois qui s’oppose aux affirmations de l’Ondraf, diverses alternatives techniques sont envisageables. «Notamment le stockage entièrement conçu sur terre ou proche de la surface ou encore des forages très profonds.» 

Par ailleurs, selon les représentants luxembourgeois qui mentionnent un incident récent aux États-Unis, la phase de placement des déchets radioactifs comporte de grands risques d’incidents dans lesquels des substances radioactives pourraient être libérées. Enfin, le collectif s’inquiète des conséquences que pourrait avoir une implantation en Gaume, mais surtout dans la région de Neufchâteau

Et pour cause. Les couches géologiques du synclinal se prolongeant en direction du lac de la Haute-Sûre, c’est le principal réservoir d’eau potable du Grand-Duché, et son réseau de distribution qui dessert à peu près 80% de la population, qui pourraient alors être impactés.

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Publié le 2 juin 2020

Photo en titre : Les déchets radioactifs qui pourraient être localisés dans la région de Neufchâteau pourraient impacter le lac de la Haute-Sûre. Photo: Shutterstock

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