ARRÊT FORCÉ D’UN RÉACTEUR : LE RÉSEAU SORTIR DU NUCLÉAIRE ÉPINGLE LA CENTRALE DE DAMPIERRE-EN-BURLY

L’un des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly a été mis à l’arrêt début septembre, suite à un défaut d’étanchéité constaté sur le circuit de refroidissement de son moteur. Le réseau « Sortir du nucléaire » déplore « un manque de surveillance et d’entretien des équipements de la part d’EDF« .

Par un article publié sur son site internet, le réseau « Sortir du nucléaire« , qui « assure une surveillance citoyenne de la sûreté des installations nucléaires et alerte la population lors de chaque incident identifié par EDF et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)« , est monté au créneau.

En cause ? L’arrêt d’un réacteur de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, le 6 septembre, en raison d’une détection tardive d’une fuite de liquide de refroidissement, effective depuis 2017, conduisant à « l’indisponibilité d’un des deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel de l’unité de production n°3« , confirme EDF.

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Alors que ces groupes électrogènes sont « essentiels pour la sûreté d’un site nucléaire« , ils « n’auraient pas été en mesure de fonctionner correctement et de produire de l’électricité en cas de coupure de courant« , déplore Charlotte Mijeon, chargée de communication pour le réseau Sortir du nucléaire.

Un événement significatif de niveau 1

Un événement qui traduit « le laxisme » d’EDF et « un problème plus global de maintenance sur l’ensemble du parc nucléaire« , selon Charlotte Mijeon.

« EDF fait état d’une malfaçon aujourd’hui résolue, mais ce défaut de surveillance montre bien qu’il y a un trou dans la raquette et que l’entretien régulier de ses équipements ne semble pas être l’une de ses priorités« . Charlotte Mijeon (Sortir du nucléaire)

Dans un communiqué, l’ASN, chargée de contrôler l’état de fonctionnement et d’organisation des centrales nucléaires, précise que cet événement significatif sûreté (ESF) « n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement« .

Toutefois, « en raison de sa détection tardive par l’exploitant, ce dernier a été classé au niveau 1 de l’échelle INES » (échelle internationale des événements nucléaires, graduée de 0 à 7, par ordre croissant de gravité).

Jointe par téléphone, la direction de la centrale de Dampierre-en-Burly n’a pas souhaité commenter l’article en question, puisqu’EDF a évoqué cet incident via son site internet, le 24 septembre, comme le relate d’ailleurs le réseau « Sortir du nucléaire« .

Dans un communiqué publié en ligne, l’entreprise détaille les circonstances de l’incident et rappelle que « la réparation du groupe électrogène de secours à moteur diesel a été achevée le 12 septembre« .

« Aucun impact sur la sûreté des exploitations« 

La direction de la centrale insiste sur le fait qu’elle agit « en toute transparence. Lorsque survient un événement significatif sûreté de niveau 1, nous avons l’obligation de communiquer sur le site internet d’EDF et auprès de la commission locale d’information (Cli)« , instance chargée d’une mission générale de suivi, d’information et de concertation en matière de sûreté nucléaire.

« Nous lui en avons fait part pendant une récente réunion de bureau et nous communiquerons également lors d’une Cli plénière, qui se déroulera début novembre« , détaille la direction.

Par Adrien Maridet et Anne-Laure Le Jan, publié le 01/10/2020 à 08h00

Photo en titre ; L’un des deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel de l’unité de production n°3 de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly a dû être arrêté pendant quelques jours, début septembre. Photo d’illustration © gaujard christelle

https://www.larep.fr/dampierre-en-burly-45570/actualites/arret-force-d-un-reacteur-le-reseau-sortir-du-nucleaire-epingle-la-centrale-de-dampierre-en-burly_13845589/