DANS LES ARCHIVES DE MATCH – LES ENFANTS MAUDITS DE TCHERNOBYL

Quelques années après la catastrophe de Tchernobyl, notre magazine avait publié deux reportages sur des enfants biélorusses souffrant de cancers et de malformations. Avec Rétro Match, suivez l’actualité à travers les archives de Paris Match. 

Il y a 35 ans, le 26 avril 1986, à 01h23, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl, située à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, explosait lors d’un test de sûreté. Le combustible nucléaire, brulant dix jours durant, avait rejeté dans l’atmosphère des éléments radioactifs qui aurait contaminé, selon certaines estimations, jusqu’aux trois quarts de l’Europe. L’Ukraine, la Biélorussie et la Russie, alors républiques soviétiques, ont été les plus touchées. Avec quelles conséquences ?

Absence de données, difficultés du suivi, manque de recul, divergences méthodologiques, rivalités scientifiques, confrontations idéologiques… Trois décennies ans après la catastrophe, le bilan humain est toujours impossible à dresser, et fait l’objet d’un âpre débat. En 2006, l’OMS avançait le chiffre de 4000 morts. La même année, Greenpeace évoquait jusqu’à 200 000 décès provoqués par des maladies dues aux radiations… En 2011, le comité scientifique de l’ONU sur l’effet des radiations atomiques (Unscear) avait revu le bilan à… 28 opérateurs et pompiers tués par des radiations aiguës juste après l’explosion, mais refusé de se prononcer sur des répercussions à plus long terme.

En 2019, la professeure de l’Institut de technologie du Massachusetts Kate Brown, s’appuyant notamment sur des archives des anciennes républiques soviétiques, estimait que les conséquences étaient encore largement méconnues. La chercheuse du MIT avait notamment découvert que, dans les années suivant l’accident, les médecins locaux avaient fait état d’une forte hausse de cancers ou de malformations congénitales. Le rapport de l’Unscear avait affirmé, pour sa part, qu’il n’y avait ni preuve, ni statistiques montrant une augmentation de ces cas, suite à la catastrophe.

En 1990, Match avait diffusé le reportage choc du photographe Wojtek Laski de l’agence Sipa, qui avait découvert de nombreux enfants souffrant de malformations et de cancers dans les hôpitaux de Biélorussie. En 1996, notre magazine avait suivi les « docteurs rêve » de la fondation Théodora venus amuser des enfants malades à l’hôpital de Minsk.

Voici les deux reportages consacrés aux enfants malades de Biélorussie suite à la catastrophe de Tchernobyl, tels que publiés dans Paris Match en 1990 et 1996.

. Le premier tiré de Paris Match n°2137, 10 mai 1990

Tchernobyl, les enfants maudits, Interview Joëlle Ody

. Le second tiré de Paris Match n°2449, 2 mai 1996

Les drôles de médecins de Tchernobyl, de notre envoyée spéciale Colette Porlier

NDLR : pour lire ces 2 reportages et voir de nombreuses photos (âmes sensibles s’abstenir), nous vous invitons à aller directement sur le site : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/dans-les-archives-de-match-les-enfants-maudits-de-tchernobyl/ar-BB1g5gOY#image=BB1g5gOY_1|2

Article de Clément Mathieu, publié le 26 avril 2021

Photo en titre : © Wojtek Laski / Sipa