DIJON : UN HOMMAGE RENDU AUX VICTIMES DES BOMBES NUCLÉAIRES

Une cérémonie solennelle s’est déroulée lundi 9 août sur la place de la République à Dijon, pour le désarmement nucléaire et en hommage aux victimes d’Hiroshima et Nagasaki.

Les mobilisations et jeûnes internationaux pour le désarmement nucléaire et en hommage aux victimes d’Hiroshima et Nagasaki, organisés à Dijon et dans de nombreuses villes du monde sous la forme de Jeûne-Actions, vient de s’achever dans l’émotion et le partage.

Dès 11 heures, le matin du 9 août 2021, une cérémonie de commémoration solennelle a débuté, précisément à la même heure que l’explosion de la bombe nucléaire larguée au-dessus de Nagasaki 76 ans plus tôt, en présence notamment de membres du collectif franco-japonais Yosomono-net et de Marie-Odile Chollet, conseillère municipale en charge de la vie associative.

Après avoir allumé la flamme de l’abolition et observé une minute de silence, les prises de parole se sont succédées pour dénoncer l’immobilisme des grandes puissances nucléaires face à l’obligation de dénucléarisation évoquée d’abord dans le TNP (traité de non-prolifération), adopté en 1970 par les membres de l’ONU, puis réaffirmée en 2017 avec l’adoption par 122 États-membres du TIAN (Traité d’interdiction des armes nucléaires). Ce dernier édicte notamment l’interdiction par tout État- partie signataire de détenir, produire, utiliser, menacer d’utiliser, partager ou aider à fabriquer des engins nucléaires, ce que les seuls 9 États dotés de l’arme nucléaire (EDAN) existants actuellement sur notre planète non seulement refusent d’adopter mais aussi découragent leurs partenaires d’approuver !

En effet, au-delà de la France, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Chine, des États-Unis, de l’Inde, du Pakistan, de la Corée du Nord et d’Israël, cinq autres pays possèdent des armes atomiques sur leur sol, installées là par quelques-uns des EDAN précédemment nommés : l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, la Turquie et les Pays-Bas, faisant courir une menace supplémentaire à leurs populations en cas de déclenchement d’une guerre nucléaire ou d’accident militaire…

La commémoration du bombardement de Nagasaki a par ailleurs permis d’évoquer le statut de victimes des Japonais ayant survécu, appelés « Hibakushas » (littéralement « personnes touchées/affectées par la bombe« ), dont le nombre diminue d’année en année, ainsi que celui, plus récent, des victimes d’irradiations dues à des tests d’engins nucléaires réalisés pendant des décennies, comme par exemple en Algérie ou en Polynésie française en ce qui concerne la France, ou plus rares mais aussi dramatiques, à des accidents de centrales nucléaires (comme à Tchernobyl, à Three-Mile Island ou à Fukushima). Pour tant d’individus aux vies bouleversées, autant de preuves que l’énergie nucléaire représente davantage un fléau pour l’humanité qu’une chance ou une ressource d’avenir !

Après la cérémonie qui s’est déroulée sous un ciel enfin clément, tel un présage de jours meilleurs à espérer, la cinquantaine de militant.e.s et sympathisant.e.s du 8ème Jeûne-Actions de Dijon-Valduc ont été conviés dans une salle de réception de l’Hôtel de Ville pour rompre le jeûne initié quatre jours plus tôt. L’occasion de souder encore davantage la dynamique de mobilisation des associations partenaires de l’événement, à savoir ICAN France, le réseau Sortir du nucléaire, Abolition des armes nucléaires – Maison de vigilance, le MAN Côte d’Or, CANVA, le Mouvement de la Paix 21, Sortir du nucléaire 21, Arrêt du nucléaire 34, Arrêt du nucléaire Drôme-Ardèche, l’AMFPGN, les Amis de la Terre Côte d’Or, sans oublier les artistes qui les ont accompagnées : Tristi, Thomas et Tania des Survivants de l’Apocalypse, Pauline Nadoulek à la voltige clownesque, Pascal et son magnifique hang (ou handpan), l’accordéoniste Romain ou encore le chanteur de rue Eric et sa guitare swing.

Enfin, le Jeûne-Actions 2021 s’est conclu par une résolution commune pour l’avenir dont voici la teneur :

« Comment avancer vers l’abolition des armes nucléaires ? »

« Le Traité de non-prolifération (TNP) en vigueur depuis 1970, et signé par la France en 1992, repose sur trois piliers : empêcher la prolifération ; diffuser le nucléaire civil ; et engager le désarmement « de bonne foi » et « à une date rapprochée » (article VI).

Avec un recul de cinquante ans, nous pouvons affirmer que, sur ce dernier point, il a failli totalement à sa mission. Car il a permis aux possesseurs de la bombe de la conserver et la moderniser, tout en l’interdisant aux autres. Mais n’était-ce pas là sa vocation cachée ? Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) permet de reposer les fondements d’un monde sans armes nucléaires, donc de la mise en route du désarmement. Adopté en 2017 dans le cadre d’un processus majoritaire à l’ONU, entré en vigueur le 22 janvier 2021, il rend les armes nucléaires illégales au regard du droit international. Il interdit l’utilisation et la menace d’utilisation de la bombe atomique, ainsi que la possession, la fabrication, le financement…

Les puissances nucléaires, voulant conserver leur marqueur de puissance, continuent à faire obstacle en refusant de s’impliquer dans le TIAN, pourtant porté de manière démocratique au sein même de l’institution onusienne. Or, la démocratie ne s’applique pas qu’aux autres ! Au nom de quels principes, les puissances dominantes continueraient-elles à imposer leur loi au détriment de la volonté exprimée par la majorité des États en faveur de l’élimination des armes nucléaires ?

Car après l’interdiction des armes chimiques et biologiques, c’est le TIAN qui désormais porte l’espoir de l’interdiction de la dernière arme de destruction massive et non le TNP. La responsabilité des États dotés d’armes nucléaires (EDAN) est désormais écrasante devant l’Histoire, l’humanité et la survie de la Terre elle-même.

C’est pourquoi nous estimons :

– maintenant que le TIAN est en vigueur, les EDAN doivent arrêter de s’abriter hypocritement derrière le TNP qui a failli à sa mission principale : le désarmement nucléaire ;

– le soutien au désarmement passe par la remise en cause du TNP pour les États-parties au TIAN

Si le blocage du désarmement par les EDAN doit se poursuivre, leur adhésion au TIAN doit leur permettre de sortir du TNP pour isoler les puissances nucléaires, ennemies de la paix.

Résolution adoptée par le groupe de jeûneurs·euses et activistes pour l’abolition des armes nucléaires réuni à Dijon du 6 au 9 août 2021.

Plus d’informations sur : http://abolitiondesarmesnucleaires.org/
Et les pages Facebook de l’événement : https://www.facebook.com/events/240175211129531/?active_tab=discussion  et  https://www.facebook.com/events/202191475163499/?active_tab=discussion

Publié le 10 août 2021 à 10h13

https://www.infos-dijon.com/news/vie-locale/vie-locale/dijon-un-hommage-rendu-aux-victimes-des-bombes-nucleaires.html