LA CORÉE DU NORD TESTE AVEC SUCCÈS UN NOUVEAU « MISSILE DE CROISIÈRE LONGUE PORTÉE »

Le pays, sous le coup de sanctions pour ses programmes balistiques et nucléaires, poursuit le développement de son arsenal, qui inquiète la communauté internationale.

La Corée du Nord a effectué avec succès des tirs d’essai d’un nouveau « missile de croisière longue portée » durant le week-end, ses premiers tirs de missile depuis mars, a annoncé l’agence de presse officielle KCNA, dimanche 12 septembre.

Ses derniers tirs, en mars, en mer du Japon, en violation des résolutions de l’Organisation des Nations unies (ONU), avaient été interprétés comme un signe de défi à l’égard de l’administration du président des États-Unis, Joe Biden, en place depuis janvier. Les nouveaux tirs d’essai réalisés samedi et dimanche ont eu lieu en présence de hauts responsables nord-coréens, selon KCNA, qui affirme que les tests ont été réussis.

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Les missiles ont parcouru une trajectoire de 1 500 kilomètres, avant d’atteindre leur cible, non spécifiée par KCNA, qui célèbre des « armes stratégiques de grande importance ». « L’efficacité de ce système d’armement a confirmé son excellence », vante l’agence de presse, qui évoque une « arme de dissuasion » destinée à « contrer les manœuvres militaires des forces hostiles »

L’armée sud-coréenne, qui est habituellement la première source d’information sur les tirs nord-coréens, n’a pour l’instant pas confirmé le tir. « Nos militaires mènent une analyse détaillée, en coopération étroite avec le renseignement sud-coréen et américain », a ainsi prudemment déclaré l’armée sud-coréenne.

Signes de bonne volonté contredits

Cette annonce survient quelques jours après que la Corée du Sud a annoncé un tir d’essai d’un missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) de sa propre fabrication. La Corée du Nord avait pourtant donné des signes de bonne volonté avec, la semaine dernière, une parade de tracteurs et de camions de pompier plutôt que les habituels chars d’assaut et missiles, pour son troisième défilé en moins d’un an, à l’occasion de l’anniversaire de la fondation de la République démocratique populaire de Corée, nom officiel du nord de la péninsule.

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Pyongyang a utilisé les défilés militaires à plusieurs reprises par le passé pour envoyer des messages à l’étranger et à sa propre population, généralement lors de certains anniversaires. Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisent à la Corée du Nord la poursuite de ses programmes d’armements nucléaires et de missiles balistiques.

Mais, bien que frappé par de multiples sanctions internationales, le pays a rapidement développé ces dernières années ses capacités militaires sous la direction de Kim Jong-un. La Corée du Nord a procédé à plusieurs essais nucléaires et testé avec succès des missiles balistiques capables d’atteindre les États-Unis.

Main tendue de l’administration Biden

« Cette activité souligne le développement continu par la Corée du Nord de son programme nucléaire et les menaces que cela fait peser sur ses voisins et la communauté internationale », a réagi dimanche soir le Pentagone dans un communiqué, tandis que le Japon s’est rapidement dit « inquiet » des nouvelles en provenance de Pyongyang. Un missile d’une telle portée « présenterait une menace pour la paix et la sécurité du Japon et de la région alentour », a ajouté le porte-parole du gouvernement japonais, Katsunobu Kato.

Les pourparlers sur le nucléaire avec Washington sont suspendus depuis l’échec du sommet de Hanoï, en février 2019, entre Kim Jong-un et Donald Trump. Le représentant de l’actuel président des États-Unis, Joe Biden, pour la Corée du Nord a exprimé à plusieurs reprises sa volonté de rencontrer ses homologues nord-coréens « n’importe où, n’importe quand ». L’administration Biden a promis une « approche pratique, calibrée », avec des efforts diplomatiques pour inciter Pyongyang à abandonner son programme d’armement, ce à quoi la Corée du Nord ne s’est jamais montrée prête.

À la fin d’août, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait fait état de « signes » indiquant que la Corée du Nord semblait avoir redémarré son réacteur produisant du plutonium dans le complexe nucléaire de Yongbyon. L’AIEA avait estimé que les signes de fonctionnement du réacteur étaient « profondément troublants ».

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Par Le Monde avec AFP, publié le 13 septembre 2021 à 01h59, mis à jour à 09h21

Photo en titre : Les essais d’un missile de croisière longue portée montrés par l’agence de presse officielle nord-coréenne, le 13 septembre 2021. KCNA / REUTERS

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