FRANCE: LA NOUVELLE PISCINE DE RETRAITEMENT DE DÉCHETS RADIOACTIFS À LA HAGUE EN QUESTION

Le public est invité à s’exprimer sur le projet d’une piscine supplémentaire pour stocker les combustibles irradiés sur le site de La Hague. La consultation débute ce lundi 22 novembre et se poursuit jusqu’au 18 février. 

La question fait déjà beaucoup de bruit chez les écologistes. Faut-il construire une nouvelle piscine pour combustibles irradiés à La Hague ? La commission nationale du débat public (CNDP) organise jusqu’au 18 février une « concertation préalable » sur ce projet de « bassin d’une capacité de stockage totale de 6 500 tonnes » qui vise à « éviter la saturation » des piscines actuelles de La Hague.

Les combustibles irradiés dans toutes les centrales de France y refroidissent, soit un peu moins de 10 000 tonnes actuellement, l’équivalent de 100 cœurs de réacteurs. Des réunions publiques sont prévues dans la Manche et chacun peut également donner son avis sur le site https://projet-piscine.edf.fr/

D’un côté, l’urgence est là et de l’autre, le débat sur le traitement des déchets nucléaires en France est relancé. Le pays constitue une exception en la matière puisque dans d’autres États, les déchets sont enfouis à sec, à côté de chaque centrale, ce qui évite les problèmes notamment liés au transport des déchets radioactifs.

Le projet de deuxième bassin est évalué à 1,25 milliard d’euros. Il sera « protégé par une paroi bunkerisée », selon EDF, contrairement aux piscines actuelles.

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« Combustibles extrêmement brûlants et extrêmement radioactifs »

Le retraitement des déchets est plus que jamais remis en question, car il représente encore des risques en matière de sûreté et une pertinence économique contestable, selon le rapport d’une députée de la majorité. Les combustibles recyclés fabriqués sur place seraient, eux, très peu utilisés dans les faits, a démontré Greenpeace dans une récente étude.

Pour Catherine Fumé, membre du collectif Sortir du nucléaire et de la coordination Piscine nucléaire STOP, ce « projet de construire une nouvelle piscine, surtout pour ces combustibles Mox usés qu’on ne sait pas recycler, qui sont extrêmement brûlants, extrêmement radioactifs et qu’il faut garder sous l’eau entre 50 et 100 ans. Cela remet en question ce choix français du retraitement, qui produit du plutonium et dont on ne sait pas quoi faire. C’est une installation supplémentaire dans une usine qui est déjà polluante avec énormément d’installations qui sont vétustes et qu’on va devoir démanteler progressivement. »

« Est-ce judicieux de faire cet immense piscine-là ? », interroge la militante anti-nucléaire, qui demande des garanties : « Qu’est-ce qu’on va faire puisqu’elle est prévue pour 100 ans et qu’est-ce qui se passera quand elle sera terminée ? Quels seront les rejets dans l’environnement et que subira la population de la Hague ? Il y a tout un tas de questions qui se posent. » 

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Par RFI, publié le 22/11/2021 à 00h06

Photo en titre : Piscine de traitement des déchets nucléaires à la Hague, dans le nord-ouest de la France, 5 juin 2018. © AFP – CHARLY TRIBALLEAU

https://www.rfi.fr/fr/france/20211121-france-la-nouvelle-piscine-de-retraitement-de-d%C3%A9chets-radioactifs-%C3%A0-la-hague-en-question