DÉCRYPTAGE. QUE VONT DEVENIR LES DÉCHETS RADIOACTIFS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BRENNILIS ?

La centrale nucléaire de Brennilis (Finistère), à l’arrêt depuis 1985, arrive dans sa dernière phase de démantèlement. Il s’agit de déconstruire les éléments les plus radioactifs de l’installation. L’exploitant, EDF, soumet son projet de déconstruction du bloc réacteur à la population jusqu’au 3 janvier 2022, via une enquête publique. Dans les 2 500 pages du dossier, il est question de l’avenir des déchets. Neuvième volet de notre dossier.

La centrale nucléaire de Brennilis (Finistère), à l’arrêt depuis 1985, arrive dans sa dernière phase de démantèlement.

Quels sont les éléments de la centrale nucléaire concernés par cette ultime phase de travaux ?

Il s’agit de déconstruire les éléments les plus radioactifs de l’installation à savoir la grande tour en béton qui s’observe d’un peu partout autour du lac Saint-Michel. L’exploitant, EDF, soumet son projet de déconstruction du bloc réacteur à la population jusqu’au 3 janvier 2022, via une enquête publique. Dans les 2 500 pages du dossier, il est question de l’avenir des déchets.

Lire aussi :Une enquête publique exceptionnelle pour achever le démantèlement de Brennilis

Le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis intéresse-t-il encore ?

Quel est le calendrier du chantier de démantèlement du bloc réacteur ?

Une fois que l’accord pour cette phase de démantèlement sera accordé, il y en aura pour 17 ans de travaux. Le chantier pourrait commencer en 2023. Quatre ans seront consacrés à libérer l’espace autour de la cuve du réacteur. Ensuite, il faudra deux ans pour installer les ateliers de découpe blindés. La découpe de la cuve prendra ensuite sept ans, puis deux ans pour l’assainissement de l’enceinte et des sols. Viendra alors le temps de la démolition de l’enceinte en béton.

Lire aussi : Combien va réellement coûter le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis ?

VIDÉO. À la centrale nucléaire de Brennilis, que font les équipes en 2021 ?

Quel volume de déchets va produire cette ultime phase de travaux ?

Selon le projet présenté par EDF en 2021, 64 000 tonnes de déchets vont être produites lors de cette phase dont 20 % de déchets radioactifs (7 430 tonnes). Une partie des 56 000 tonnes de « conventionnel » servira au remblai du site de Brennilis.

Que deviennent les 6 000 tonnes de déchets « de très faible activité » ? Elles iront au centre de stockage de Morvilliers (Aube), appelé Cires. Ils y seront stockés en surface.

Lire aussi : VIDÉO. Centrale de Brennilis : pourquoi et comment démanteler le bloc réacteur à distance ?

Brennilis, sa centrale nucléaire et son démantèlement en dix dates clés

Quid des 1 400 tonnes de déchets « à faible ou moyenne activité à vie courte » ?

Elles iront au centre de stockage de Soulaines-Dhuys (Aube), appelé CSA et exploité par l’Andra. Ils seront aussi stockés en surface. Au départ de Brennilis, les déchets seront conditionnés dans des caissons métalliques rouges, contenant eux-mêmes des enveloppes de béton allant de 0 à 40 mm.

Quel est le projet pour les déchets les plus radioactifs de Brennilis ?

Cela représente 30 tonnes de déchets (0,4 % du volume global produit à Brennilis lors de cette phase). Ils seront entreposés de manière provisoire (au moins dix ans) au centre Iceda, situé à Bugey (Ain) et exploité par l’Andra.

Parmi ces 30 tonnes, 20 sont considérées « de moyenne activité à vie courte ». Elles iront donc ensuite au CSA, à Soulaines-Dhuys (Aube), pour y être stockés, avec les 1 400 autres tonnes déjà envoyées.

Les 10 tonnes restantes, « à vie longue », pourraient aller au centre de stockage géologique, Cigéo, à Bure (à la frontière entre la Meuse et de la Haute-Marne). Mais c’est selon le dossier élaboré en 2018. « Nos études sont majorantes et depuis trois ans nous continuons les études, explique Joël Truffet, le directeur technique d’EDF, en charge du dossier de démantèlement complet de la centrale de Brennilis. On devrait tendre vers le zéro envoi vers Bure. » Elles rejoindraient en ce cas un site de stockage en surface.

Lire aussi : REPORTAGE. Autour de la centrale nucléaire de Brennilis, la nature sous haute surveillance

Pour les antinucléaires, il n’existe « aucune solution satisfaisante pour les déchets radioactifs »

Comment les déchets vont-ils être évacués depuis Brennilis ?

Après la découpe dans des ateliers blindés, à l’intérieur du bloc réacteur, les éléments radioactifs seront conditionnés dans des caissons et containers. Ils quitteront ensuite la centrale en camions agréés.

Quelles précautions seront prises pour le transport des déchets les plus radioactifs ?

Dans ces camions, il y aura un container de 25 tonnes. À l’intérieur de celui-ci, un colis d’un poids maximal d’une tonne de déchets. Le reste relèvera du blindage en acier inoxydable. Cela devrait représenter moins de cinquante colis et camions, et pas avant 2030.

Quel trafic routier cela va-t-il engendrer dans les monts d’Arrée ?

Au total, 950 camions devraient passer à Brennilis pendant les quinze premières années du chantier. Lors de la phase de démolition, le rythme augmentera pour atteindre la cadence de deux camions par jour. Et cela pendant deux ans.

À cela s’ajoutera le trafic de l’activité humaine qui comptera 150 personnes au plus fort de l’activité. Elle est actuellement de 80 personnes.

Par Carole TYMEN pour Ouest-France , publié le 12/12/2021 à 19h30

Photo en titre : La centrale nucléaire de Brennilis (Finistère), à l’arrêt depuis 1985, arrive dans sa dernière phase de démantèlement. Un chantier qui générera des déchets radioactifs plus ou moins irradiants. | ARCHIVES OUEST FRANCE / BEATRICE LE GRAND

https://www.ouest-france.fr/bretagne/brennilis-29690/decryptage-que-vont-devenir-les-dechets-radioactifs-de-la-centrale-nucleaire-de-brennilis-3424dd24-5b75-11ec-9150-4b0cb97a43dd