Voulu par l’État depuis 2019, le rachat par EDF des activités nucléaires de General Electric, issues de la vente d’Alstom en 2015, se concrétise. Au-delà des questions de souveraineté, l’opération pourrait créer des synergies industrielles intéressantes pour l’électricien.
Vendues en 2015 à l’américain General Electric, les turbines nucléaires des EPR vont redevenir françaises. Le gouvernement a demandé à EDF, qu’il a intronisé chef de file de la filière nucléaire après l’implosion d’Areva en 2015, de les racheter. L’opération est présentée en conseil d’administration du groupe ce 7 février. Ce ne serait pas une première. EDF a déjà dû racheter 75% des parts de Framatome, concepteur de réacteurs et de combustible nucléaire.
On ne connait pas encore le périmètre exact de l’acquisition. Les activités nucléaires stratégiques, la production des turbines Arabelle, les plus puissantes au monde, et les services associés avaient été placés dès la vente à GE dans une entreprise baptisée GEAST, détenue à 20% par l’État via Alstom. Mais elles ne se limitent pas à l’usine de Belfort avec ses 1000 salariés, dont environ 500 en production et 500 à l’ingénierie. GEAST compte 3400 salariés dans le monde selon GE. « Et l’opération pourrait concerner jusqu’à 2500 salariés en France, dont 900 en région parisienne, sur les sites de Massy (Essonne), Boulogne (Hauts-de-Seine) et La Courneuve (Seine-Saint-Denis)», explique François Trinquet, délégué syndical CFDT de GE Steam Power Systems. La division compte aussi plusieurs dizaines de salariés à Nantes (Loire-Atlantique), où réside l’expertise sur les pompes, Marseille (Bouches-du-Rhône) avec une équipe service et Villeurbanne (Métropole de Lyon), où sont logés une partie des équipes projet.
Production et ingénierie des turbines
Les turbines ne se vendent souvent pas seules, mais avec les auxiliaires, pompes et alternateurs, qui constituent le système qui permet de produire de l’électricité à partir de la vapeur d’eau chauffée par le réacteur nucléaire. Elles nécessitent au préalable des travaux d’ingénierie projets, pour répondre aux attentes des clients, chaque tranche nucléaire étant spécifique. Et le client n’est pas toujours EDF ou ses partenaires, chinois ou indiens. Le russe Rosatom équipe aussi de turbines Arabelle les réacteurs qu’il construit en Turquie ou qu’il a en projet, par exemple en Égypte.
Ces ilots nucléaires de chaleur peuvent aussi faire l’objet de contrats de service long terme, pour en assurer la maintenance, préventive et curative, avec des opérations de réusinage ou de changement de certaines parties de la turbine ou des auxiliaires, parties qui peuvent être produites par GE, à Belfort ou dans d’autres sites du groupe à l’étranger, mais aussi par des sous-traitants. Or, cette activité services « est la part la plus rentable et bénéficie d’une dynamique plus réactive que les projets neufs », qui restent « conditionnés à du volontarisme politique, particulièrement en France et en Europe », expliquent dans un communiqué commun, les CFDT de GE, EDF et Framatome. Reste à savoir si les services feront partie du rachat.
Service, Contrôle commande et SMR
GE a aussi hérité d’Alstom des activités « très anciennes de contrôle commande qui équipent le parc nucléaire français et occupent environ 300 personnes », explique François Trinquet. Si elles sont dans la corbeille, elles pourraient venir compléter celles de Framatome, qui a aussi des activités de contrôle commande, mais pour l’ilot réacteur et qui vient d’acquérir celles de Rolls Royce. Pour le syndicaliste, les activités d’ingénierie projets pourraient, elles aussi, trouver des synergies avec celles d’EDF. D’autant plus que GE Steam Power System a commencé à travailler sur les projets de mini réacteur nucléaire français NuWard, mais aussi sur le projet américain NuScale via sa filiale GE Hitachi et sur celui de Rolls-Royce au Royaume-Uni. Mais là aussi, pas sûr que cela fasse partie du deal.
Ces potentielles synergies et rattachements des futures ex-équipes de GE Stream Power Systems chez EDF et Framatome, ne seront pas pour tout de suite. « La répartition des activités reprises entre EDF et Framatome parait peu viable car elle casserait la cohérence de l’activité actuelle tant les liens entre les activités de services et les nouveaux projets sont nombreux et réguliers », analyse la CFDT.
Pour l’instant, l’option la plus probable est un rattachement au sein du groupe EDF de GEAST, soit sous la forme d’une filiale à 100% d’EDF SA, voire de Framatome, ou d’une entité autonome type pool d’investisseurs, mais détenu majoritairement par EDF. Selon le journal Les Échos, les deux groupes se sont accordés pour qu’EDF débourse 273 millions de dollars afin de reprendre l’activité de turbines, dont 73 millions de dettes
Par Aurélie Barbaux, publié le 07 Février 2022 à 17h00
Photo en titre : © EDF, L’activité de services après-vente sur les turbines nucléaires Arabelle de General Electric est « la part la plus rentable et bénéficie d’une dynamique plus réactive que les projets neufs » selon la CFDT.
https://www.usinenouvelle.com/article/edf-a-t-il-vraiment-un-interet-industriel-a-racheter-le-nucleaire-de-general-electric.N1781572
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https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/affaire-alstom-macron-anticor-216793
AFFAIRE ALSTOM MACRON : ANTICOR DÉPOSE PLAINTE, LE DÉPUTÉ COMMUNISTE ROUSSEL ALERTE LA JUSTICE
Par PRCF (son site), publié le mardi 23 juillet 2019
L’annonce de près d’un millier de suppression d’emplois par General Electric en France le mois de juin dernier a rappelé une affaire d’État, l’affaire Alstom, dans laquel Macron, alors ministre des finances a joué un rôle de premier plan. Plusieurs procédures judiciaires menacent désormais celui qui occupe le palais de l’Élysée. De fait, l’affaire De Rugy ne devrait pas masquer cette affaire, bien plus grave, qu’est l’affaire Alstom, emblématique de ce qu’est le régime Macron. Un régime de privatisation et de destruction de la France pour remplir les poches des milliardaires.
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L’AFFAIRE ALSTOM – GE : RÉSUMÉ
Retrouvez le dossier spécial affaire Alstom :
https://www.initiative-communiste.fr/tag/alstom/
Dans le secteur de l’énergie et des transports, plusieurs multinationales se disputent le marché mondial. Notamment l’américain General Electric, l’allemand Siemens et le français Alstom. Ce dernier est en pointe dans les fabrications de turbines (électro nucléaires, à gaz ou hydrauliques) ainsi que dans la fabrication des trains à grande vitesse et des métros. C’est dans ce contexte que Washington, s’appuyant sur ses lois extraterritoriales, obtient la condamnation pour corruption de dirigeants de la multinationale française et lui impose une amende énorme (à l’issue d’une procédure de plaider coupable, Alstom paye une amende de 772 millions de dollars et un de ses dirigeants est emprisonné). Et dans la foulée, l’américain GE avec le soutien du PDG d’Alstom, alors sous pression des tribunaux américains, se lance dans l’acquisition d’Alstom. Cette acquisition de la branche énergie, pour une bouchée de pain, d’Alstom – un des outils productifs et industriels stratégiques de la France – est finalisée à toute vitesse sous la pression de Macron, alors ministre de l’économie et des finances. L’ex banquier prétend qu’un accord garantit à la fois la création de 1000 emplois, des investissements dans l’appareil de production et le maintien des équipes de direction stratégiques en France. 3 ans plus tard, c’est exactement l’inverse qui se produit. Des milliers d’emplois supprimés, les usines de productions des turbines à gaz et hydrauliques liquidées, les centres de décisions stratégiques déplacés hors de France. L’accord paraphé par Macron est foulé au pied avec le soutien de Bruno Lemaire, le ministre de l’économie du régime Macron.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là, elle pourrait bien avoir des suites judiciaires. À moins que les procureurs du parquet, dont le chef à Paris vient d’être nommé par Macron, sous les ordres du ministre de la justice du régime Macron, ne fassent traîner l’affaire ou pire ne l’enterrent….
Affaire Alstom Macron : ANTICOR dépose plainte
Le 17 juillet la bien connue association de lutte contre la corruption ANTICOR a annoncé avoir déposé une plainte contre X auprès du parquet de Paris pour “corruption” et “détournement de fonds publics”.
D’abord la plainte vise des faits de corruption. En effet de façon étonnante si la justice américaine a poursuivi le groupe Alstom pour des faits de corruption dès la fin 2010, il n’y a eu aucune poursuite en France contre les patrons d’Alstom, alors que devant les juges américains les patrons d’Alstom ont reconnu le versement de pots de vins dans divers marchés (Indonésie, Arabie Saoudie, Egypte, Taiwan, Bahamas). L’avocat d’Anticor, Étienne Tête, explique au journal Le Monde : ” la loi pénale est « applicable aux délits commis par des Français hors du territoire de la République, si les faits sont punis par la législation du pays où ils ont été commis »”. Et de préciser, « On a donc des aveux de corruption devant le juge américain, des faits établis et signés par celui qui était alors président-directeur général d’Alstom [Patrick Kron], mais des corrupteurs qui ne sont pas poursuivis sur le plan pénal en France, comme ce devrait être le cas » . Cette partie de la plainte concerne donc les patrons d’Alstom.
Mais la plainte vise également des détournements de fonds publics. En effet, sous la décision de Macron, le 21 juin 2014, un accord est signé entre l’État, Alstom et Général Electric. Il prévoit que l’État dispose d’une option d’achat sur 20% des actions d’Alstom. Or, l’État n’activera jamais ce droit lors de la fusion annoncée le 26 septembre 2017 entre Alstom et Siemens. La conséquence, la perte d’un gain de 250 millions d’euros. Sans compter l’importante plus-value liée à cette fusion. Le grand gagnant de l’affaire ? Le milliardaire Bouygues. La perte pour l’État est estimée entre 350 millions et un demi milliards d’euros.
Anticor avait déjà déposé une plainte contre X en 2018 pour détournement de fonds publics par négligence, classée sans suite par un parquet, bien plus prompt chacun peut le constater à enquêter sur la foi des accusations du FN contre la France Insoumise.
Le député PCF Roussel et le député MR M déposent des signalements au parquet.
Rapporteur d’une mission d’information, Olivier Marleix, député LR a saisi la justice d’un signalement en janvier 2019. Ce afin d’obtenir une enquête sur les circonstances de la prise de contrôle de la branche énergie d’Alstom par GE. Le député emploie des mots très forts, dénonçant un “pacte de corruption”, qui pourrait être au profit de celui alors ministre de l’économie… Emmanuel Macron. Le député dans sa saisie du parquet souligne le rôle “personnel actif et déterminant” de Macron dans la vente. Il remarque également que différents intermédiaires financiers, au sein des banques conseils, avocats d’affaire et agences de communication, bénéficiant des rémunérations générées par la cession, figurent sur la liste des donateurs de la campagne présidentielle de Macron ou au sein des organisateurs de diners de levée de fond de cette campagne. En novembre 2018, sans que cela ne fasse la une des médias, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire sur les comptes de LREM, concernant 144 000 euros de dons perçus en 2017 et dont la commission des comptes de campagnes n’a pas réussi à identifier l’origine. Alstom a versé pour près de 300 millions d’euros de frais pour cette vente. Une proportion de 3,5% de la vente, trois fois supérieure aux montants habituellement pratiqués d’après les observateurs.
Par ailleurs, le député PCF du nord, Fabien Roussel, a annoncé le 11 juillet dernier avoir saisi le parquet national financier de “soupçons d’optimisation et de fraudes fiscales de Général Electric”.
Les proches de Macron dans l’affaire Alstom récompensés
C’est avec effarement que les ouvriers d’Alstom / GE ont découvert que dans la promotion 2019 de la légion d’honneur figure Corine de Bilbao. La dame est l’ex directrice générale de GE France de 2016 à 2019. C’est notamment elle qui avait monté l’accord s’engageant à la création de 1000 emplois, signé par Macron. Un accord qui s’est transformé, pour finir, en la suppression de 1000 emplois.
Mais ce n’est pas tout. En avril 2019, Bilbao est remplacée. Pas par n’importe qui. Par un certain Hugh Bailey. L’homme est un conseiller de Macron quand il était à Bercy, durant le montage de la vente à la découpe d’Alstom à GE. Très exactement, conseiller aux affaires industrielles et aux financements des exportations. En clair comme l’explique L Santoire, délégué CGT de Alstom Power system : “c’est celui qui va gérer les élus et faire l’interface avec Macron. Il concrétise ce qui nous choque énormément et qui symbolise l’intérêt partisan du Président : la validation de chacune des étapes du plan GE en faveur des seuls actionnaires “
https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/affaire-alstom-macron-anticor-depose-plainte-le-depute-communiste-roussel-alerte-la-justice/
NDLR: l’ensemble de ces articles a été constirué pour résumer l’historique de ce rachat par la France.

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