3,7 MILLIARDS D’EUROS DE BÉNÉFICES: LES PRIX DE L’ÉNERGIE S’ENVOLENT, LES PROFITS D’ENGIE AUSSI

En raison notamment de l’augmentation des prix du gaz comme de l’électricité, l’entreprise repasse dans le vert après un exercice 2020 compliqué.

En pleine crise de l’énergie, ce sont des chiffres qui ne manqueront pas de faire réagir. Engie a publié les siens ce mardi, et ils sont conséquents : un bénéfice net d’environ 3,7 milliards d’euros. Le douloureux exercice 2020 et ses pertes estimées à 1,5 milliard sont oubliés et c’est même mieux que 2019, année de référence car dernier cycle avant le début de la crise sanitaire, où le bénéfice net avait été d’1 milliard, alors stable par rapport à 2018.

Les raisons de ce retour dans le vert s’expliquent par deux principaux facteurs. La bonne tenue de ses deux centrales nucléaires (sept réacteurs au total) en Belgique, de retour dans le vert après trois années consécutives de pertes, mais surtout grâce à la croissance des deux principales activités d’Engie, les énergies renouvelables (+22%) et les infrastructures gazières, comme GRDF et GRTgaz (+13%). Une croissance portée par l’explosion des prix du gaz comme de l’électricité qui frappe les ménages français.

Ce sont les premiers résultats de la PDG, Catherine MacGregor, puisqu’elle est entrée en fonction le 1er janvier 2021. C’est à ce jour la seule femme dirigeante du CAC 40, avant les arrivées de Christel Heydemann et Estelle Brachlianoff, respectivement à Orange le 4 avril et à Veolia le 1er juillet. «Avec notre plan stratégique à horizon 2023 présenté l’année dernière, nous posons les fondations d’une croissance durable à long terme», a-t-elle triomphé dans un communiqué.

Bénéfices records pour les entreprises de l’énergie

Car ces bons résultats pourraient se poursuivre. C’est en tout cas ce que prévoit Engie. «A horizon 2024, le groupe prévoit une croissance de ses résultats principalement portée par les investissements dans les renouvelables et par l’amélioration des performances d’Energy Solutions [services aux entreprises et collectivités, ndlr], ainsi qu’une contribution résiliente des infrastructures», a expliqué l’entreprise dans un communiqué.

La fermeture des centrales nucléaires en Belgique d’ici à 2025 n’inquiète même pas la direction d’Engie, puisque l’amélioration prévue de la productivité jusque-là «devrait plus que compenser la baisse des résultats du nucléaire» dans le pays. En outre, les récentes annonces d’Emmanuel Macron concernant le développement des énergies renouvelables en France ont fini de rassurer Engie sur son avenir. L’ex-GDF se présente en effet comme le leader tricolore de l’éolien.

Ces excellents résultats s’inscrivent dans la continuité de ceux des grandes entreprises en 2021, notamment dans le secteur de l’énergie. Total avait par exemple culminé à 16 milliards d’euros de bénéfices et son PDG, Patrick Pouyanné, avait justifié le versement d’une prime aux salariés du groupe par les résultats «en très forte amélioration» de l’entreprise, qu’il liait aux «prix de l’énergie» en hausse. Des primes distribuées aux quelque 60 000 salariés du groupe représentant une somme de plusieurs dizaines de millions d’euros, à rapprocher des 7,1 milliards de dividendes et rachats d’actions opérés par la multinationale pour le même exercice. «Plus le pétrole est haut, plus Total se fait du fric», avait rappelé Eric Sellini, coordinateur CGT du Groupe TotalEnergies. Même logique pour le gaz et l’électricité, pourrait dire Engie.

Par Damien Dole, publié le 15 février 2022 à 12h18

Photo en titre : À La Défense, en septembre 2020. (Denis Allard/Libération)

https://www.liberation.fr/economie/37-milliards-deuros-de-benefices-les-prix-de-lenergie-senvolent-les-profits-dengie-aussi-20220215_3JOFIUWMXREJVPU7Q2JPXSBUY4