NUCLÉAIRE : PIÈCES DÉFECTUEUSES ET FALSIFICATIONS AU CREUSOT : LA PLAINTE EST EN COURS DEPUIS 6 ANS !

La justice veut-elle enterrer l’affaire, énorme scandale industriel ?
Rappel : Dépêche AFP du 4 mai 2016 (voir aussi ci-dessous)

La plainte a été déposée le 4 mai 2016, il y a donc 6 ans jour pour jour…

En avril 2015, à la faveur d’un changement de dirigeants (*), Areva (**) informait l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) que la cuve du réacteur EPR de Flamanville, fabriquée depuis plusieurs années et déjà installée dans le réacteur, était en réalité défectueuse.

Suite à cet aveu, des investigations ont permis de mettre à jour pendant plus d’un an de nouvelles révélations sur les pratiques criminelles d’Areva et l’incurie (voire la complicité) de l’ASN : il a été ainsi montré que des milliers de pièces défectueuses ont été produites et souvent installées dans divers réacteurs en France et à l’étranger. Pire : d’innombrables documents de certification ont été falsifiés, parfois grossièrement, sans que l’ASN ne s’aperçoive de quoi que ce soit (***).

Tant et si bien que, le 4 mai 2016, comme en atteste la dépêche AFP du même jour, l’Observatoire du nucléaire déposait une plainte en justice contre Areva et contre l’ASN pour « Faux, usage de faux et mise en danger de la vie d’autrui. »

Il est à noter que c’est six mois plus tard (voir article ci-dessous) que l’ASN a à son tour déposé plainte, assurément pour essayer de se placer dans le camp des accusateurs et non celui des accusés. Cette petite manœuvre ne devrait pas tromper la justice… si jamais celle-ci se souvient qu’elle doit instruire les plaintes et faire toute la lumière sur cette affaire gravissime.

Aujourd’hui, 4 mai 2022, cela fait six ans jour pour jour que la plainte de l’Observatoire du nucléaire a été déposée et la justice ne donne toujours aucune nouvelle de ses investigations… si elles existent !

 (*) Areva savait depuis des années que la cuve était défectueuse et a maintenu secrète cette information pourtant cruciale, mais ce n’est qu’après le départ d’Anne Lauvergeon et le décès de son successeur Luc Oursel que l’aveu a été fait auprès de l’ASN qui, elle, n’avait rien vu (ou rien dit…)

(**) Areva est devenue Orano depuis : l’industrie nucléaire a souvent changé les noms des entreprises ou sites déconsidérés…

(**) L’ASN n’a donc rien découvert par elle-même, contrairement à une légende savamment entretenue pour maintenir dans l’opinion l’idée que le nucléaire français serait « parfaitement contrôlé« …

Par l’Observatoire du nucléaire, publié le 04 mai 2022

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article391