LES ÉTATS-UNIS ALERTENT SUR LE RISQUE D’UN NOUVEL ESSAI NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN

Les faits – Le régime de Pyongyang a procédé à un tir de missile balistique samedi 7 mai. Washington relève des signaux montrant que les préparatifs pour un essai nucléaire, le premier depuis sept ans, sont en cours.

La Corée du Nord a tiré samedi 7 mai un missile mer-sol balistique, a annoncé l’état-major de l’armée sud-coréenne. Il s’agit de la quinzième démonstration de force cette année pour ce pays doté de l’arme nucléaire, qui a aussi lancé un missile balistique intercontinental pour la première fois depuis 2017.

Ce nouveau tir intervient avant l’entrée en fonction mardi 10 mai d’un nouveau président en Corée du Sud, Yoon Suk-yeol. Celui-ci entend créer un nouveau rapport de force avec le Nord, ce qui accentue les craintes d’une escalade. Le président sortant, Moon Jae-in, a cherché pendant les cinq ans de son mandat à promouvoir une approche pacifiée des relations avec son voisin, mais sans obtenir les résultats escomptés.

Corée du Nord : « Les tirs de missiles vont continuer »

Bien au contraire, la Corée du Nord a poursuivi le développement de son arsenal nucléaire. Les États-Unis ont prévenu vendredi qu’elle pourrait mener de manière imminente son premier essai nucléaire depuis 2017. Pyongyang « prépare le site d’essais de Punggye-ri et pourrait être prêt à y mener un test dès ce mois-ci, ce qui serait son septième essai » nucléaire, a déclaré une porte-parole de la diplomatie américaine, Jalina Porter. « Cette analyse est cohérente avec les déclarations publiques récentes faites par la Corée du Nord elle-même ».

Le régime de Pyongyang a procédé à six essais nucléaires entre 2006 et 2017. Ceux-ci avaient été interrompus depuis, tout comme les tirs de missiles balistiques intercontinentaux. Fin mars 2022, ce moratoire avait été une première fois interrompu avec le test d’un missile intercontinental.

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L’imagerie satellite a donc montré des signes d’une nouvelle activité dans un tunnel du site de Punggye-ri. Ce dernier, selon les Nord-Coréens, avait été démoli en 2018 avant un sommet historique entre Kim Jong Un et le président américain de l’époque, Donald Trump. Les deux hommes s’étaient rencontrés à trois reprises, à Singapour, à Hanoï (Vietnam) puis dans la zone démilitarisée séparant les deux Corées.

Cependant, cette phase de dialogue a fait long feu et les négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord sont restées au point mort.

Joe Biden, à la Maison-Blanche depuis janvier 2021, s’est dit prêt à renouer ce dialogue pour discuter d’une dénucléarisation du pays reclus, mais sa main tendue est pour l’instant restée dans le vide. Au contraire, la Corée du Nord multiplie depuis le début de l’année les essais d’armements interdits par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Jusqu’ici, l’administration Biden a plutôt fait le dos rond face à ce qu’elle considère pourtant être des « provocations ».

Le regain des essais nord-coréens intervient alors que le président américain doit se rendre en Corée du Sud et au Japon du 20 au 24 mai. Au-delà des relations bilatérales, le voyage aura pour but de faire faire « progresser l’engagement ferme » des États-Unis en faveur d’une région Asie-Pacifique « libre et ouverte », selon un communiqué.

À Tokyo, il se réunira ainsi avec les dirigeants des pays membres du « Quad », alliance informelle associant les États-Unis, l’Australie, l’Inde et le Japon. Son objectif principal est de contrer l’influence chinoise, Pékin étant par ailleurs le principal soutien de la Corée du Nord.

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Par La Croix (avec AFP), publié le 07/05/2022 à 11h53

Photo en titre : Le leader nord-coréen Kim Jong Un lors d’une parade militaire le 2 mai 2022 STR/AFP

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