Déc 31

LE RETOUR DE LA COURSE MONDIALE AUX ARMEMENTS

course-armementsLa multiplication des cyberattaques en provenance de la Russie (lire page 2) laisse à penser que la guerre des nerfs se jouera sur internet. Mais elle pourrait renouer avec une nouvelle course aux armements que l’on pensait terminée depuis l’ère Reagan-Gorbatchev.
Tour à tour, le président russe Vladimir Poutine et le président élu américain Donald Trump se sont, en effet, exprimés, jeudi 22 décembre dernier, sur les questions d’armement nucléaire, indiquant que leurs pays respectifs – qui ont signé trois Traités de réduction des armes stratégiques offensives (START) en 1991, en 1993 et en 2010 – devaient renforcer leurs arsenaux.

Lors d’une réunion avec les hauts gradés des armées russes, Vladimir Poutine a «tiré» le premier en ordonnant le renforcement en 2017 de la force de frappe nucléaire de la Russie, afin de la rendre capable de percer tout bouclier antimissile. Par exemple celui que Washington et l’OTAN entendent déployer en Europe orientale. «Il faut faire attention à n’importe quel changement dans l’équilibre des forces et de situation politico-militaire dans le monde et surtout aux frontières russes. Et corriger à temps nos plans », a expliqué Vladimir Poutine.
La réponse de Donald Trump ne s’est pas fait attendre. Comme souvent, c’est sur Twitter que le président-élu a réagi. «Les États-Unis doivent grandement renforcer et accroître leur capacité nucléaire tant que le monde n’aura pas retrouvé la raison dans le domaine des armes nucléaires». Un discours à l’opposé de celui tenu par Barack Obama depuis 2009, qui souhaitait un monde sans armes nucléaires. Donald Trump «fera ce qu’il faudra pour protéger le pays et si un autre pays ou des pays veulent menacer notre sécurité, notre souveraineté, il fera le nécessaire», a renchéri le 23 décembre dernier le futur porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer.
Poutine et Trump ont ensuite atténué leur propos. Mais les deux pays, qui concentrent 93 % des armes nucléaires (7 300 ogives russes, 6 970 américaines) envisagent d’augmenter leurs dépenses militaires. Elles pourraient atteindre 21 % du PIB en Russie quand le Pentagone prévoit de consacrer 1 000 milliards de dollars à la modernisation de l’arsenal américain !
La hausse des dépenses militaires est d’ailleurs générale. Pour la première fois depuis 2011, elles ont augmenté en 2015, observe l’institut international de recherche sur la paix à Stockholm. Même le Japon a décidé d’orienter son budget vers une remilitarisation.
Article de Philippe Rioux

http://www.ladepeche.fr/article/2016/12/30/2487974-le-retour-de-la-course-mondiale-aux-armements.html