TRICASTIN : POURRIEZ-VOUS VOUS PRIVER DE VOTRE POTAGER EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE ?

L’Autorité de Sûreté Nucléaire cherche des riverains de la centrale nucléaire du Tricastin dans la Drôme pour affiner sa stratégie post-accident. Un panel citoyen est en train de se constituer pour échanger sur les actions à mettre en place, une première.

Les autorités, les experts, ont évidemment planché sur une stratégie à mettre en place après un accident nucléaire, pour des choses de la vie de tous les jours comme la consommation des fruits et légumes et autres produits locaux. En fonction de la gravité de la contamination extérieure, il faut laver/peler les légumes, ou carrément ne pas les consommer ; il peut y avoir des interdictions de vendre, le lait, les œufs.

Mais ces mesures générales n’ont pas forcément le même impact dans le Sud Drôme qu’en Normandie. Pour la première fois de manière aussi directe, l’Autorité de Sûreté Nucléaire demande donc l’avis des premiers concernés. Des panels citoyens sont en train d’être constitués autour de quatre centrales nucléaires françaises : Paluel-Penly en Normandie, Golfech en Occitanie, Chinon en Touraine, et Tricastin dans le sud-Drôme.

L’objectif est bien d’affiner les mesures générales explique Olivier Rivière, directeur de l’environnement et des situations d’urgence à l’ASN : « le riverain de la centrale du Tricastin a la connaissance de ses besoins en matière de consommation des produits du potager. Il pourra préciser quel est l’impact pour lui, pour ses voisins, d’une interdiction de consommer ces denrées. Ce sont des choses qu’on peut difficilement voir lorsqu’on n’est pas sur le territoire. Les mesures établies par les experts, c’est important pour nous de voir comment les acteurs locaux les perçoivent : comment ils les comprennent ? Est-ce qu’ils les acceptent ? Est-ce que ces mesures leur paraissent suffisantes et fondées ? »

Élu local, commerçant, agriculteur, pharmacien, simple riverain…une vingtaine de personnes constitueront le panel citoyen autour du Tricastin. Il est préférable de ne pas avoir d’opinion arrêtée sur le nucléaire : « la question n’est pas de savoir si on est pour ou contre le nucléaire. L’objectif, c’est de se projeter dans une situation où il y a eu un accident nucléaire et il faut permettre à la vie sur le territoire de redémarrer tout en protégeant les populations. »

Vous avez quelques semaines pour vous inscrire au panel si vous souhaitez participer. L’adresse mail pour candidater : post-accident-nucléaire@asn.fr. Le calendrier des échanges qui auront lieu ensuite avec le panel est en train d’être établi. Il a été un peu perturbé par l’épidémie de coronavirus.

Par Nathalie Rodrigues, France Bleu Drôme Ardèche Pierrelatte, publié le lundi 30 novembre 2020 à 2h51

Photo en titre : Centrale nucléaire dans la Drôme. © Radio France – Victor Vasseur

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