LES DÉFIS ENVIRONNEMENTAUX À RELEVER POUR LES HABITANTS DE LA RÉGION CENTRE-VAL DE LOIRE

La présence de centrales nucléaires, l’état de l’agriculture, la place importante de la logistique font que la région sera confrontée dans les années à venir à des défis environnementaux spécifiques.

Quels sont les grands défis et enjeux pour préserver l’environnement dans la région, pour les années à venir ? La Dreal (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) a publié un document (consultable sur le site de la Dreal Centre) qui liste les enjeux environnementaux qui se poseront dans la région, à l’avenir. « Ce document sur les enjeux est une partie du Profil environnemental général. Nous avons identifié pas mal d’enjeux, à partir de nos données et celles des ministères », justifie Céline Magnier, chef de mission management de la connaissance et des données à la Dreal.

La gestion des ressources en eau

« Il peut y avoir des moments lors desquels cela coince entre les périodes d’étiage, les besoins en eau accrus pour l’agriculture, le refroidissement des centrales, les besoins des ménages », précise-t-elle. Le rôle de la Dreal sur cette question est de collecter et diffuser l’état des rivières et nappes d’eau, et « d’animer les services de l’État qui limitent et contrôlent l’impact de prélèvements afin d’anticiper les situations d’étiage ». Les trois centrales nucléaires produisent à elles seules 20% de l’énergie nucléaire française. « Cela nécessite des prélèvements d’eau très importants en Loire. »

Les tendances sont à une augmentation des événements de sécheresse et de périodes d’étiage.

« Les limitations de prélèvements se font sur le moment, c’est du curatif. Mais il faudrait à l’avenir des mesures d’adaptation au changement climatique, des systèmes d’agriculture plus durables, avec des variétés moins consommatrices d’eau, le développement de l’agroforesterie qui permet de retenir l’eau dans le sol. Dans les milieux urbains, augmenter la nature en ville permettrait de diminuer l’usage d’eau. Pour les industries, l’usage d’eau est assez faible dans la région, 2 % des prélèvements d’eau sont à usage industriel. »

Sur la prévention du risque inondation, selon la Dreal, environ 12 % de la population, soit 300.000 habitants sont concernés.

Comment préserver les cours d’eau ? À Orléans, l’agence de l’eau Loire-Bretagne adopte un plan de gestion pour 2022-2027

Des sols de plus en plus bétonnés

« Dans la région, chaque année 1.600 hectares sont artificialisés. Ce sont des terres agricoles ou vierges sur lesquels on implante du bâti industriel, commercial, de logement. Le taux d’artificialisation est élevé mais il n’est pas à la hausse », indique-t-elle. L’objectif de l’État est d’atteindre le zéro artificialisation nette en 2030. La Dreal anime les services de l’État pour atteindre cet objectif et mesure l’artificialisation.

La fragilité de la biodiversité et la protection des paysages 

« Nous avons une vraie diversité de paysages en région Centre. L’enjeu est de bien les protéger. La biodiversité et les biotopes sont fragiles. Dans la région, un tiers des habitats naturels recensés sont menacés par les activités humaines, comme la construction de routes. Certaines espèces sont en nombre très faible et leur reproduction n’est pas toujours assurée, notamment à cause de certaines pratiques agricoles, pour les espèces qui nichent au sol », déplore Céline Magnier.

L’impact industriel et agricole

« Les activités logistiques sont très implantées dans la région. Cela génère des émissions de gaz à effet de serre relativement importantes comparées à la moyenne française : 45 % d’émissions de CO2 contre 29 % en France. La région est fortement agricole, mais nous n’avons que 3,2 % des surfaces en agriculture bio, alors que la moyenne nationale est de 7,5 % », précise-t-elle.

« On extrait dans la région 35 millions de tonnes de matières premières comme des granulats, des céréales, du bois. Cela représente 13,7 tonnes par an et par habitant, ce qui est plus élevé que la moyenne nationale de 10,3 tonnes par habitant et par an. » Ainsi dans la région est produit 52 % du calcaire français, 17 % des oléagineux, 13 % des céréales. « On a les matières premières, mais comme on les transforme peu, on importe beaucoup plus qu’ailleurs, autour de 30 tonnes par habitant, alors que la moyenne française est 13 tonnes par habitant. Par exemple, on fait venir en région Centre beaucoup de, viande transformée dans d’autres régions. On n’est pas autonomes. »

Par Cindy Roudier-Valaud, publié le 1er janvier 2021

Photo en titre : Alors que l’objectif était d’atteindre 23 % d’énergie renouvelable en 2020, la région n’était qu’à 11,3 % en 2018. Un taux moins important que la moyenne nationale. Mais selon la Dreal, des choses sont bien engagées sur le photovoltaïque. © Eric Malot

https://www.larep.fr/orleans-45000/actualites/les-defis-environnementaux-a-relever-pour-les-habitants-de-la-region-centre-val-de-loire_13896630/